Gare au désogestrel dans les pilules contraceptives : cette hormone présente dans plusieurs d'entres elles pourrait augmenter le risque de tumeur du cerveau chez la femme
Les pilules progestatives accompagnent des millions de femmes, parfois pendant des années. Plusieurs de ces hormones sont déjà surveillées pour un risque de tumeur cérébrale.
Le désogestrel est une hormone de synthèse utilisée dans certains contraceptifs oraux, comme les pilules contraceptives. Il appartient à la famille des progestatifs, des molécules qui reproduisent l’effet de la progestérone, une hormone naturelle féminine produite par les ovaires. Cette hormone est souvent associée à un œstrogène (comme l’éthinylestradiol) dans les pilules combinées pour prévenir les grossesses non désirées. Le désogestrel est présent dans plusieurs pilules contraceptives disponibles sur le marché, notamment celles dites de 3e génération. Ces pilules sont largement prescrites en France et dans d’autres pays pour leur efficacité contraceptive et leurs bénéfices secondaires, comme la régulation des règles ou la réduction des douleurs menstruelles.
Une étude récente, publiée en juillet 2026 dans la revue Science et Vie, suggère un lien possible entre la prise de pilules contraceptives contenant du désogestrel et une augmentation du risque de développer une tumeur du cerveau, plus précisément un méningiome. Ce type de tumeur se forme dans les méninges, les membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière. Les chercheurs soulignent que ce risque reste relatif et dépend de la durée d’utilisation du contraceptif. Par exemple, une utilisation prolongée (plusieurs années) pourrait multiplier ce risque par un facteur estimé entre 1,5 et 2,5 par rapport à une femme n’utilisant pas ce type de pilule. Cependant, le risque absolu reste faible, car les méningiomes sont des tumeurs rares.
Le mécanisme par lequel le désogestrel pourrait favoriser le développement de méningiomes n’est pas encore clairement établi. Les chercheurs émettent l’hypothèse que cette hormone, en agissant sur les récepteurs de la progestérone présents dans les méninges, pourrait stimuler la croissance de cellules anormales. Les méningiomes sont souvent sensibles aux hormones, ce qui explique pourquoi ils peuvent se développer ou s’aggraver pendant la grossesse ou sous l’effet de certains traitements hormonaux. Il est important de noter que cette association ne signifie pas que le désogestrel cause directement ces tumeurs, mais qu’il pourrait en augmenter le risque dans certains cas.
L’étude citée dans l’article s’appuie sur des données épidémiologiques, c’est-à-dire des observations réalisées sur de grandes populations. Les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux de femmes ayant utilisé des pilules à base de désogestrel et ont comparé leur incidence de méningiomes à celle d’un groupe témoin. Les résultats montrent une corrélation statistique, mais pas une preuve formelle de causalité. D’autres études seront nécessaires pour confirmer ou infirmer ces résultats. En attendant, les autorités sanitaires, comme l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en France, n’ont pas encore modifié leurs recommandations concernant l’utilisation de ces pilules.
À ce jour, les pilules contraceptives contenant du désogestrel restent autorisées et prescrites en France et dans d’autres pays. Les autorités sanitaires insistent sur le fait que les bénéfices de la contraception (prévention des grossesses non désirées, réduction des risques de certains cancers comme celui de l’ovaire ou de l’endomètre) continuent de l’emporter sur les risques potentiels. Cependant, elles recommandent aux femmes utilisant ces pilules de ne pas arrêter leur traitement sans consulter leur médecin. Une réévaluation individuelle du rapport bénéfice/risque pourrait être envisagée, notamment pour les femmes ayant des antécédents familiaux de méningiomes ou utilisant le désogestrel depuis de nombreuses années.
Pour les femmes souhaitant éviter le désogestrel, il existe d’autres options contraceptives. Les pilules de *2e génération* (contenant du lévonorgestrel ou du noréthistérone) sont souvent proposées comme alternative, car elles ne contiennent pas cette hormone. D’autres méthodes, comme les stérilets (DIU), les implants contraceptifs ou les pilules microprogestatives (sans œstrogène), peuvent également être envisagées. Chaque femme a des besoins différents, et le choix du contraceptif doit être discuté avec un professionnel de santé, en tenant compte de ses antécédents médicaux et de ses préférences personnelles.

