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Sur la piste du butin, il avance 350 000 dollars pour infiltrer ceux qui blanchissent l’argent des hackers nord-coréens

Numerama · mis à jour 6 oct.

L'enquêteur ZachXBT affirme s'être fait passer pour le client d'un réseau chinois qui aurait blanchi plus d'un milliard de dollars pour les hackers nord-coréens. Son infiltration aurait permis de geler une partie du butin du piratage de Bybit..

Enquête secrète sur le blanchiment

Un enquêteur anonyme, spécialisé dans la traque des flux financiers illicites, a investi la somme de 350 000 dollars américains pour infiltrer un réseau international de blanchiment d’argent lié à des cybercriminels nord-coréens. Ces derniers sont accusés d’avoir volé des centaines de millions de dollars via des cyberattaques ciblant des entreprises et des institutions financières à travers le monde. Le butin, issu de ces attaques, est ensuite « lavé » – c’est-à-dire transformé en argent apparemment légal – par des intermédiaires, souvent via des plateformes de cryptomonnaies ou des sociétés écrans. L’enquêteur a adopté une fausse identité pour approcher ces réseaux et recueillir des preuves, une méthode risquée appelée infiltration sous couverture.

Rôle des hackers nord-coréens

Les services de renseignement et les autorités internationales suspectent la Corée du Nord d’utiliser des groupes de hackers, comme le collectif Lazarus, pour financer son régime via des cyberattaques. Ces attaques, souvent sophistiquées, ciblent des banques, des cryptomonnaies ou des entreprises pour détourner des fonds. Une fois volés, ces millions sont difficiles à tracer car ils transitent par des circuits financiers opaques, notamment via des plateformes de cryptomonnaies comme Bitcoin ou Monero, ou des sociétés fictives installées dans des pays à la réglementation laxiste. Le montant global des fonds détournés par ces groupes est estimé à plusieurs milliards de dollars depuis le début des années 2010.

Méthodes de blanchiment ciblées

Les réseaux de blanchiment repérés par l’enquêteur utilisent plusieurs techniques pour dissimuler l’origine illégale des fonds. Parmi elles, l’achat de biens immobiliers ou de véhicules de luxe avec des cryptomonnaies, la création de sociétés écrans dans des paradis fiscaux, ou encore l’utilisation de casinos en ligne. L’enquêteur a notamment identifié un intermédiaire basé en Asie du Sud-Est, qui convertissait des cryptomonnaies en devises locales avant de les réinjecter dans l’économie légale. Ces méthodes exploitent les failles des systèmes financiers internationaux et les différences de réglementation entre pays.

Risques et défis de l’infiltration

L’opération d’infiltration représente un danger majeur pour l’enquêteur, qui s’expose à des représailles de la part des cybercriminels ou de leurs complices. Les réseaux de blanchiment sont souvent protégés par des mécanismes de sécurité complexes, comme des smart contracts (contrats intelligents) ou des systèmes de messagerie chiffrée, rendant leur détection difficile. De plus, l’enquêteur doit naviguer dans un environnement où les preuves numériques peuvent être effacées ou falsifiées. Malgré ces risques, cette approche permet de recueillir des informations précieuses pour démanteler des réseaux entiers, comme l’a montré l’arrestation de plusieurs complices en 2025.

Ce que ça pourrait changer

Cette enquête s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, où la Corée du Nord est sous sanctions économiques internationales pour son programme nucléaire et ses activités cybercriminelles. Les États-Unis et leurs alliés, comme la Corée du Sud ou le Japon, multiplient les efforts pour traquer ces flux financiers et affaiblir le régime nord-coréen. En 2024, le département du Trésor américain a gelé les avoirs de plusieurs entités liées à ces réseaux, mais les montants récupérés restent marginaux comparés aux milliards détournés. La coopération internationale reste un défi, car les complices opèrent souvent depuis des pays peu enclins à coopérer avec les autorités occidentales.

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