Mon 11 Septembre
Entre la perte de l’innocence et Cupidon..
Le 11 septembre 2001 est présenté comme un événement marquant le début du XXIe siècle, symbolisant la fin d’une ère d’innocence pour l’Amérique et le monde. L’auteure, Josée Blanchette, souligne que les personnes nées avant 1985 se souviennent encore précisément de leur activité à 9h ce matin-là. À cette époque, les technologies étaient moins avancées : les téléviseurs étaient cathodiques, les téléphones portables rudimentaires (appelés flip ou « téléphone idiot »), et Internet était lent, sans wifi. Les réseaux sociaux n’existaient pas, et les gens consultaient encore des annuaires téléphoniques papier. Ce jour-là, deux avions ont percuté les tours du World Trade Center à New York, suivis d’un troisième sur le Pentagone, marquant le premier attentat terroriste majeur diffusé en direct à la télévision. L’impact psychologique a été immédiat, déclenchant une vague de paranoïa et de théories du complot, ainsi qu’un changement durable dans les perceptions de la sécurité mondiale.
L’auteure décrit sa réaction personnelle face aux attentats : après avoir appris la nouvelle par son frère, elle a allumé sa télévision cathodique pour assister en direct à la destruction des tours. Les médias américains ont rapidement qualifié l’événement d’attaque terroriste contre les États-Unis, une première d’une telle ampleur. Le même jour, Josée Blanchette a décidé de se rendre à New York avec son ex-compagnon, Benoît Aubin, malgré la fermeture des frontières et les avertissements des douaniers, qui les ont traités avec scepticisme. Leur voyage, motivé par un reportage pour le journal Le Devoir, a révélé une ville en état de choc : les rues étaient désertes, les habitants confinés chez eux ou dans les bars, et les taxis rares. Les New-Yorkais cherchaient désespérément des proches disparus, affichant des photos des victimes sur des poteaux, protégées par du plastique, comme des avis de recherche pour animaux perdus.
Le 11 septembre 2001 est décrit comme un événement aux multiples symboles : une attaque contre le symbole de la puissance américaine (les tours du World Trade Center), une date associée au dieu romain de la guerre (Mars), et un tournant vers une ère de méfiance accrue. L’auteure mentionne des théories du complot, comme celle évoquée par Webster Griffin Tarpley, qui suggère que les attentats auraient été orchestrés pour servir des intérêts politiques. Les conséquences ont été immédiates : peur des attaques bioterroristes, pénuries de ressources, et une surveillance accrue. L’auteure cite également un article du journaliste Peter Bergen, qui rappelle que les leçons de cette date sont souvent oubliées, notamment la menace persistante du fanatisme religieux et l’éventuelle utilisation de l’intelligence artificielle pour des attaques terroristes futures.
Lors de son séjour à New York, Josée Blanchette a vécu une rencontre inattendue qui a changé sa vie. Après avoir prêté son ordinateur portable à un jeune commis de 26 ans pour son travail, elle a découvert que ce dernier était attiré par la photo de surfers en fond d’écran. Quelques jours plus tard, avant son retour à Montréal, le jeune homme lui a rendu l’ordinateur et une connexion s’est établie entre eux. L’auteure décrit cette rencontre comme un coup de foudre, évoquant même une « petite musique céleste ». Deux ans plus tard, en octobre 2003, elle a donné naissance à un fils prénommé Hugo, dont le deuxième prénom, B, est un clin d’œil à Benoît Aubin, son ex-compagnon décédé plus tard des suites de sa consommation de cigarettes. Cette histoire illustre comment des événements tragiques peuvent parfois donner naissance à de nouvelles vies et à des liens inattendus.
L’auteure intègre plusieurs références culturelles pour illustrer le contexte de l’époque. Elle mentionne l’album pour enfants *Leonard Cohen : Le spleen expliqué aux enfants*, qui évoque la mélancolie à travers l’art, avec une citation célèbre de Cohen : *« There is a crack, a crack in everything, that’s how the light gets in »* (« Il y a une fissure, une fissure en toute chose, c’est ainsi que la lumière entre »). Elle cite également un abécédaire du comédien Roger Léger, *Par les temps qui courent, je marche*, qui aborde des thèmes comme la nature, la nage et la résilience face à l’adversité. Ces références servent à ancrer l’article dans une réflexion plus large sur la manière dont les individus font face aux bouleversements, qu’ils soient personnels ou collectifs.

