Nourries aux probiotiques, les abeilles renforcent leur résistance aux températures extrêmes
Les ruches encaissent des étés brûlants et des hivers déréglés de plus en plus rudes. Or leur tolérance au chaud comme au froid a des limites vite atteintes.
Des chercheurs ont découvert qu’en nourrissant des abeilles avec des probiotiques (des micro-organismes vivants bénéfiques pour la santé), celles-ci développent une meilleure résistance aux températures extrêmes. Les probiotiques, souvent associés à la santé humaine, agissent ici sur le microbiote intestinal des abeilles, un ensemble de bactéries essentielles à leur digestion et à leur système immunitaire. L’étude, publiée en juillet 2026, montre que ces bactéries probiotiques pourraient aider les abeilles à survivre à des variations de température plus importantes, un enjeu crucial alors que le réchauffement climatique perturbe leur environnement. Les scientifiques ont testé cette hypothèse en comparant deux groupes d’abeilles : l’un nourri avec des probiotiques, l’autre avec un régime standard. Les résultats indiquent une différence significative dans leur capacité à tolérer le froid ou la chaleur intense.
Les abeilles exposées à des températures extrêmes (par exemple, des vagues de chaleur à plus de 40°C ou des nuits froides en dessous de 5°C) voient leur survie améliorée grâce aux probiotiques. Selon l’étude, les abeilles nourries avec ces micro-organismes survivent jusqu’à 30 % plus longtemps que celles du groupe témoin dans des conditions de stress thermique. Ce phénomène s’explique par une meilleure régulation de leur métabolisme et une réduction du stress oxydatif, un déséquilibre cellulaire causé par les températures extrêmes. Les chercheurs soulignent que cette découverte pourrait avoir des applications pratiques pour protéger les colonies d’abeilles, dont le déclin menace la pollinisation et, par ricochet, l’agriculture mondiale. Les probiotiques pourraient ainsi devenir un outil complémentaire aux méthodes existantes de protection des ruches.
Le microbiote intestinal des abeilles joue un rôle clé dans leur santé globale, tout comme chez les humains. Ces micro-organismes aident à digérer le pollen, à produire des vitamines et à renforcer les défenses immunitaires. L’étude révèle que les probiotiques introduits dans leur alimentation modifient la composition de ce microbiote, favorisant la présence de bactéries bénéfiques. Par exemple, certaines souches comme Lactobacillus ou Bifidobacterium, couramment utilisées dans les produits laitiers fermentés pour l’homme, ont été testées avec succès. Les chercheurs ont observé une augmentation de 20 % de la diversité bactérienne chez les abeilles nourries aux probiotiques, un signe de meilleure santé. Cette diversité est cruciale pour résister aux pathogènes et aux stress environnementaux, comme les pesticides ou les changements climatiques.
La survie des abeilles est un enjeu écologique majeur, car ces insectes pollinisent environ 75 % des cultures mondiales. Leur déclin, accéléré par le réchauffement climatique, les pesticides et les parasites comme le Varroa destructor (un acarien parasite des ruches), menace la biodiversité et la sécurité alimentaire. L’utilisation de probiotiques pourrait offrir une solution naturelle et non invasive pour renforcer les colonies. Les chercheurs estiment que cette méthode, si elle est généralisée, pourrait réduire de 15 % les pertes hivernales de ruches, un problème récurrent pour les apiculteurs. Cependant, des études supplémentaires sont nécessaires pour évaluer l’impact à long terme sur les écosystèmes et la qualité du miel produit.
Les apiculteurs pourraient intégrer des probiotiques dans l’alimentation des abeilles, notamment en période de stress thermique ou avant l’hivernage. Les scientifiques recommandent d’utiliser des souches bactériennes spécifiques, comme *Lactobacillus rhamnosus*, déjà étudiées pour leurs effets bénéfiques sur la santé humaine. Une commercialisation de compléments probiotiques pour abeilles est envisagée, mais elle soulève des questions sur leur réglementation et leur coût. Une boîte de probiotiques adaptés aux ruches pourrait coûter entre 20 et 50 €, un investissement rentable si elle réduit les pertes de colonies. Les chercheurs appellent à des collaborations entre scientifiques, apiculteurs et industriels pour développer des solutions durables et accessibles.

