« Il faut creuser partout » : TotalEnergies veut encore augmenter sa production de pétrole
TotalEnergies veut augmenter sa production de pétrole et de gaz de 2 à 3 % par an entre 2030 et 2035. Selon Maxime Combes, économiste et membre d'Attac, la législation sur le climat est insuffisante pour encadrer le pétrolier.
TotalEnergies, une multinationale française spécialisée dans l'énergie, a annoncé son intention d'augmenter sa production de pétrole malgré les critiques liées à son impact environnemental. Cette décision s'inscrit dans une stratégie globale visant à exploiter davantage de gisements pétroliers à travers le monde. L'entreprise justifie cette orientation par la nécessité de répondre à la demande énergétique mondiale, tout en soulignant ses engagements en faveur de la transition énergétique. Cependant, cette stratégie contraste avec les objectifs climatiques internationaux, notamment l'Accord de Paris, qui vise à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. TotalEnergies prévoit d'investir des milliards d'euros dans des projets d'extraction, malgré les pressions des ONG et des investisseurs soucieux de durabilité.
Malgré ses engagements publics en faveur de la neutralité carbone d'ici 2050, TotalEnergies continue de développer des projets pétroliers à grande échelle. L'entreprise a été critiquée pour ses contradictions entre ses discours sur la transition énergétique et ses actions concrètes. Par exemple, elle prévoit d'investir 14 milliards de dollars dans de nouveaux projets pétroliers et gaziers d'ici 2025, tout en réduisant ses dépenses dans les énergies renouvelables. Cette approche soulève des interrogations sur la sincérité de ses engagements climatiques, d'autant plus que les scientifiques alertent sur l'urgence de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement climatique.
Plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) et experts en climat ont réagi vivement à l'annonce de TotalEnergies. Greenpeace, par exemple, a qualifié cette stratégie de greenwashing, c'est-à-dire une communication trompeuse visant à donner une image écologique à l'entreprise sans changer ses pratiques réelles. Les critiques soulignent que l'augmentation de la production pétrolière est incompatible avec les objectifs de l'Accord de Paris, qui exige une réduction drastique des émissions de CO₂. Des économistes et des scientifiques rappellent que les réserves de pétrole déjà exploitées suffisent à dépasser les limites climatiques si elles sont brûlées.
Cette stratégie de TotalEnergies s'inscrit dans un contexte économique et géopolitique marqué par l'instabilité des prix de l'énergie et les tensions internationales. La guerre en Ukraine a accentué la dépendance de l'Europe aux énergies fossiles, poussant certains pays à relancer des projets d'extraction pour sécuriser leur approvisionnement. TotalEnergies, présente dans plus de 130 pays, bénéficie de cette situation pour justifier ses investissements dans des projets comme le développement de nouveaux gisements en Afrique ou en Amérique du Sud. Cependant, cette approche expose l'entreprise à des risques financiers et réputationnels, notamment en cas de transition énergétique accélérée.
L'augmentation de la production pétrolière de TotalEnergies a des conséquences environnementales et sociales majeures. Les projets d'extraction, comme ceux prévus en Ouganda ou en Tanzanie, menacent des écosystèmes fragiles et des communautés locales. Par exemple, le projet *Tilenga* en Ouganda, qui prévoit de forer plus de 400 puits, risque de polluer les sols et les eaux, tout en déplaçant des populations. Les ONG dénoncent également l'impact climatique de ces projets, qui contribueront à l'émission de millions de tonnes de CO₂ supplémentaires chaque année. Ces enjeux soulèvent des questions éthiques sur la responsabilité des entreprises face aux crises environnementales.

