Auparavant, la fenêtre de la chambre était toujours ouverte le matin. Ce n'était pas pour aérer
Nos aïeules ouvraient grand la fenêtre chaque matin, hiver compris. On y voyait une manie hygiéniste ou une simple envie d’air pur.
L’ouverture systématique des fenêtres de chambre le matin, avant l’ère moderne, n’était pas motivée par le besoin d’aérer, comme on pourrait le penser aujourd’hui. Cette pratique remontait à une époque où les fenêtres étaient conçues différemment, sans vitres en verre comme celles que nous connaissons. Les ouvertures servaient principalement à laisser passer la lumière naturelle, essentielle pour éclairer les pièces avant l’invention de l’électricité. Les fenêtres anciennes étaient souvent équipées de grilles ou de volets en bois, mais rarement de vitres transparentes, ce qui limitait leur rôle dans la ventilation. Cette tradition s’est maintenue par habitude, même après l’évolution des matériaux de construction.
Les fenêtres anciennes remplissaient une double fonction : d’une part, elles permettaient d’éviter l’obscurité dans les intérieurs en laissant entrer la lumière du jour, et d’autre part, elles servaient de passage pour la fumée. Dans les maisons équipées de cheminées ou de foyers ouverts, l’ouverture des fenêtres le matin aidait à évacuer la fumée accumulée pendant la nuit. Cette pratique était particulièrement courante dans les régions froides, où les foyers étaient utilisés pour se réchauffer. La fumée, en s’échappant par les fenêtres, réduisait les risques d’intoxication ou d’irritation des voies respiratoires pour les occupants.
Avec l’avènement des vitres en verre au XIXe siècle, les fenêtres ont commencé à jouer un rôle plus important dans la ventilation des pièces. Le verre, plus transparent et plus résistant, a permis de mieux isoler les intérieurs tout en laissant passer la lumière. Cependant, cette innovation a aussi rendu les fenêtres plus hermétiques, ce qui a nécessité de repenser leur utilisation pour l’aération. Les maisons modernes, équipées de systèmes de chauffage central et de climatisation, ont progressivement abandonné l’ouverture systématique des fenêtres le matin, au profit de solutions plus contrôlées et efficaces.
Avant l’ère industrielle, l’ouverture des fenêtres le matin contribuait à renouveler l’air intérieur, souvent vicié par la respiration des occupants, les fumées des foyers ou les odeurs de cuisson. Cette pratique limitait l’accumulation de gaz comme le dioxyde de carbone (CO₂), produit par la respiration humaine, ou le monoxyde de carbone (CO), issu de la combustion incomplète des feux de bois ou de charbon. Aujourd’hui, les normes sanitaires recommandent un renouvellement régulier de l’air intérieur, mais les méthodes ont évolué : les systèmes de ventilation mécanique contrôlée (VMC) ou les purificateurs d’air ont remplacé l’ouverture systématique des fenêtres.
La disparition progressive de l’ouverture systématique des fenêtres le matin s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, l’urbanisation et la densification des logements ont rendu les espaces extérieurs plus pollués, limitant l’intérêt d’aérer directement avec l’air extérieur. Ensuite, l’amélioration des matériaux de construction et des systèmes de chauffage a réduit le besoin de renouveler l’air manuellement. Enfin, les normes de confort et d’efficacité énergétique encouragent désormais des solutions plus contrôlées, comme les VMC, qui assurent un renouvellement d’air constant sans perte de chaleur.

