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CNN, MS NOW et Politico de retour à la Maison-Blanche après une décision de justice

ICI Radio-Canada · mis à jour 24 sept.

L'administration Trump avait notamment invoqué la sécurité nationale pour écarter CNN, Politico et MS NOW..

Révocation des badges

Le 18 septembre, Donald Trump, président des États-Unis, a annoncé le blocage immédiat des accès à la Maison Blanche pour trois médias : CNN, MS NOW (une chaîne de télévision) et Politico (un site d'information en ligne). Cette décision a été prise en les accusant de relayer de fausses informations. Les trois médias ont été privés de leurs badges d'accréditation, des cartes d'accès essentielles pour travailler sur le site de la Maison Blanche. Cette révocation a été effective dès le jour même, sans préavis ni explication détaillée des motifs. Les médias concernés ont dénoncé une atteinte directe au Premier amendement de la Constitution américaine, qui protège la liberté de la presse. Le Premier amendement est un texte fondamental adopté en 1791 dans le cadre de la Déclaration des droits des États-Unis, garantissant notamment la liberté d'expression et de publication.

Réaction des médias

CNN, MS NOW et Politico ont réagi en saisissant la justice dès le lendemain de leur exclusion, le 19 septembre, en demandant une audience d'urgence. Ils ont accusé le gouvernement de violer leur droit à exercer leur métier en les empêchant d'accéder à la Maison Blanche. Leur avocat, Theodore Boutrous, a dénoncé une décision politique motivée par des couvreuses négatives de ces médias, c'est-à-dire des reportages critiques envers l'administration Trump. Les lettres de la Maison Blanche adressées aux médias bannis mentionnaient spécifiquement leurs articles sur la pénurie de munitions des forces armées américaines, liée à la guerre contre l'Iran. Un rapport du Pentagone, publié mi-septembre, avait confirmé cette pénurie, malgré les contestations de Donald Trump. Les médias ont également souligné que l'exclusion avait été décidée sans preuve de risque pour la sécurité nationale.

Décision judiciaire

Le juge fédéral Timothy Kelly, basé à Washington, a rendu une décision en urgence le jeudi 19 septembre, ordonnant le rétablissement immédiat des accès des trois médias. Il a donné au gouvernement jusqu'à 12h30 pour se conformer à son ordonnance, ce que la Maison Blanche a fait avant l'échéance. Le juge a conclu que les droits des journalistes n'avaient pas été respectés, car leur exclusion avait été décidée sans préavis ni justification valable. Il a exigé que les badges soient restitués jusqu'à nouvel ordre ou pour une durée maximale de deux semaines, le temps de trancher définitivement sur le fond. Le juge a balayé les arguments de sécurité nationale avancés par le gouvernement, les qualifiant de justifications a posteriori. Il a souligné que Donald Trump avait basé sa décision sur des accusations de manque de véracité et de couverture négative des médias, sans lien avec des préoccupations de sécurité.

Réactions et solidarité

La réadmission des journalistes a été accueillie avec surprise et soulagement par leurs confrères. Betsy Klein, journaliste de CNN, a été accueillie par une foule de collègues lors de son premier direct depuis sa réintégration. Par solidarité, les quatre autres membres du pool télévisé de la Maison Blanche — CBS, ABC, NBC et Fox — ont décidé de suspendre leur participation à ce dispositif, qui permet aux chaînes de partager des images et des informations. Sans accès à la Maison Blanche, des journalistes des médias bannis, dont Laura Barrón-López, avaient dû s'installer à l'extérieur pour continuer leurs reportages. L'Association des correspondants à la Maison Blanche, ainsi qu'une cinquantaine de médias, ont apporté leur soutien aux trois médias exclus. Cette affaire rappelle une situation similaire en 2025, où l'agence de presse Associated Press avait été écartée pour avoir refusé de renommer le Golfe du Mexique en Golfe d'Amérique.

Ce que ça pourrait changer

Le ministère de la Justice des États-Unis défend le droit du président d'interdire l'accès à certaines zones de la Maison Blanche, en invoquant que l'accès est un *privilège*, et non un droit. Cette position a été reprise par l'administration Trump, qui s'appuie sur des précédents comme l'exclusion de l'agence Associated Press en 2025. Le gouvernement a tenté de justifier la révocation des badges en invoquant des *préoccupations de sécurité nationale*, mais le juge Kelly a rejeté ces arguments, les jugeant non étayés. Lors de l'audience du 18 septembre, le représentant du gouvernement, Michael Velchik, avait demandé au juge de ne pas statuer avant le vendredi soir, une échéance fixée pour permettre aux médias bannis de contester leur exclusion par écrit. Cependant, le juge a estimé que cette demande ne justifiait pas un délai supplémentaire, compte tenu de l'urgence de la situation.

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