Au Vietnam, un vice-ministre limogé pour une affaire d’exportation illégale de durians
Coup sur coup, deux membres du gouvernement vietnamien ont été sanctionnés, l’un dans une affaire de contrebande d’équipement médical et de médicaments, l’autre pour s’être enrichi avec l’exportation illégale de durians, des fruits particulièrement prisés en Chine voisine. Un signe de l’inflexibilité affichée par le gouvernement de l’ambitieux To Lam..
Le gouvernement vietnamien a annoncé le 5 et 6 septembre 2026 la sanction de deux vice-ministres impliqués dans des affaires de corruption. Le vice-ministre de la Santé, Tran Van Thuan, a été suspendu pour avoir accepté des pots-de-vin afin de faciliter l'importation illégale d'équipements médicaux et de médicaments. Son collègue du ministère de l'Agriculture, Hoang Trung, a quant à lui été limogé et exclu du Parti communiste vietnamien (PCV) pour avoir organisé l'exportation frauduleuse de durians. Ces décisions s'inscrivent dans une campagne anticorruption plus large menée par le gouvernement actuel. Le PCV est le seul parti autorisé au Vietnam et joue un rôle central dans la gestion du pays. La sanction contre Hoang Trung inclut une exclusion du parti, une mesure grave qui limite fortement ses perspectives professionnelles et politiques futures.
L'affaire concernant Hoang Trung porte sur l'exportation illégale de durians, un fruit tropical très prisé en Chine, où la demande a fortement augmenté ces dernières années. Selon les autorités, Trung et d'autres complices falsifiaient des documents pour exporter ces fruits sans respecter les réglementations en vigueur. Cette pratique leur aurait permis de réaliser des profits exceptionnellement élevés. Le Vietnam estime que la valeur des exportations de durians pourrait atteindre 4 milliards de dollars (3,4 milliards d'euros) en 2026, ce qui en fait un secteur économique majeur. Les durians sont souvent surnommés le « roi des fruits » en Asie du Sud-Est en raison de leur goût unique et de leur forte odeur, qui divise les consommateurs.
Ces sanctions s'inscrivent dans le cadre de la campagne anticorruption « Fournaise ardente », lancée en 2016 par le prédécesseur de l'actuel dirigeant vietnamien, Phu Trong, alors ministre de la Sécurité publique. Cette campagne vise à lutter contre la corruption au sein des institutions vietnamiennes et a déjà conduit à l'arrestation de dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux fonctionnaires. Le gouvernement actuel, dirigé par To Lam, poursuit cette politique avec détermination. Cependant, certains investisseurs s'inquiètent des répercussions de cette campagne sur l'activité économique, certains fonctionnaires hésitant à approuver des dossiers par crainte de sanctions. To Lam est le secrétaire général du PCV et président du Vietnam, ce qui lui confère une influence majeure sur la politique du pays.
Le Vietnam, dirigé par le Parti communiste, cherche à attirer des investissements étrangers et à développer son économie, notamment dans les nouvelles technologies. La campagne anticorruption est présentée comme un moyen de renforcer la confiance des entreprises et des investisseurs. Cependant, les sanctions contre des hauts fonctionnaires montrent que le gouvernement reste très strict sur les questions de corruption. Le Vietnam, pays d'Asie du Sud-Est, est en pleine transformation économique et cherche à se positionner comme un acteur clé dans la région. Les exportations de durians vers la Chine, son principal partenaire commercial, jouent un rôle important dans cette stratégie.

