Les entreprises sont invitées à signer une réconciliation avec les Autochtones
Cette déclaration fait suite à l’appel à l’action numéro 92 de la Commission de la vérité et de la réconciliation..
Plusieurs entreprises privées canadiennes, dont Microsoft, la fondation Bon départ de Canadian Tire, Leith Wheeler Conseillers en placement et Teck Resources, en collaboration avec le Centre national pour la vérité et la réconciliation, ont lancé une déclaration invitant le secteur privé à s’engager dans un processus de réconciliation avec les peuples autochtones. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’appel à l’action numéro 92 de la Commission de la vérité et de la réconciliation, publié en 2015. Cet appel demande au secteur privé de respecter les droits des peuples autochtones et d’intégrer leurs pratiques dans leurs activités économiques. La signature de cette déclaration est gratuite pour les organisations du secteur privé.
La Commission de la vérité et de la réconciliation a été créée pour étudier l’histoire et les conséquences des pensionnats autochtones au Canada, un système scolaire obligatoire pour les enfants autochtones entre 1857 et 1996. Ces pensionnats, gérés par des Églises et financés par l’État, avaient pour objectif d’assimiler les enfants autochtones à la culture dominante. Le rapport final de la Commission, publié en 2015, a révélé que ce système constituait un élément central d’une politique de génocide culturel. Entre 1857 et 1996, environ 150 000 enfants autochtones ont été contraints de fréquenter ces pensionnats. La Commission a initialement recensé 3 200 décès d’enfants, mais les experts estiment que le nombre réel pourrait être bien plus élevé.
La Commission de la vérité et de la réconciliation a formulé 94 appels à l’action dans son rapport final de 2015. Ces appels visent à améliorer les relations entre les Canadiens, les entreprises et les gouvernements, ainsi qu’avec les peuples autochtones. Parmi les principales recommandations figurent la réforme du système de protection de la jeunesse, l’amélioration de l’accès à l’éducation pour les communautés autochtones et la promotion ainsi que la revitalisation des langues autochtones. L’appel à l’action numéro 92, spécifique au secteur privé, demande aux entreprises de respecter les droits des peuples autochtones et d’intégrer leurs pratiques dans leurs activités économiques.
La déclaration des entreprises n’est pas un engagement ponctuel, mais un processus continu. Les signataires s’engagent à apprendre et à comprendre l’histoire des peuples autochtones, à dialoguer et à collaborer avec les communautés autochtones, à investir dans leur développement et à suivre les progrès réalisés. Cette déclaration vise à utiliser l’influence des entreprises de manière responsable pour faire progresser la vérité et la réconciliation de manière concrète. Les entreprises signataires, comme Microsoft ou Teck Resources, montrent ainsi leur volonté de contribuer activement à ces objectifs.
Le Centre national pour la vérité et la réconciliation joue un rôle central dans cette initiative. Il a été créé pour poursuivre le travail de la Commission de la vérité et de la réconciliation et pour documenter les histoires des survivants des pensionnats autochtones. Stephanie Scott, directrice générale du Centre, souligne que les entreprises privées exercent une influence considérable sur la participation économique et la culture d’entreprise. La déclaration offre aux entreprises un moyen concret d’agir, d’apprendre les unes des autres et de démontrer des progrès significatifs au fil du temps.
Les anciens coprésidents de la **Commission de la vérité et de la réconciliation**, Wilton Littlechild et Marie Wilson, qualifient cette déclaration d’avancée dans le parcours de réconciliation du Canada. Ils suivent cette initiative avec « beaucoup d’intérêt et de reconnaissance ». Wilton Littlechild a affirmé que cette déclaration constitue « un exemple fantastique dont les gouvernements et les organisations professionnelles devraient s’inspirer ». Victoria Grant, consultante ayant contribué à la rédaction de la déclaration, espère que d’autres entreprises signeront la déclaration et que celle-ci contribuera à garantir que les communautés autochtones ne soient pas laissées-pour-compte alors que le Canada poursuit sa croissance économique.

