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El Niño : la Nasa détecte les signes d’un épisode « potentiellement historique » dans l’océan Pacifique

Numerama · mis à jour il y a 16 j

La Nasa surveille étroitement l'évolution du phénomène El Niño depuis l'espace. Les données des satellites montrent des changements déjà nets dans le Pacifique : une eau plus chaude, un niveau de la mer plus haut et un océan plus bleu..

El Niño en bref

El Niño est un phénomène climatique naturel qui se produit environ tous les 2 à 7 ans dans l'océan Pacifique. Il fait partie d'un cycle plus large appelé El Niño-oscillation australe (ENSO), qui alterne entre trois phases : El Niño (phase chaude), La Niña (phase froide) et un état neutre. El Niño se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de surface dans le centre et l'est du Pacifique, ce qui perturbe les courants marins et atmosphériques à l'échelle mondiale. En octobre 2026, la Nasa a qualifié l'épisode en cours de potentiellement historique en raison de son intensité exceptionnelle, avec des températures de surface de la mer dans l'est du Pacifique supérieures de 1,7 °C à la moyenne à long terme. Selon la NOAA, il y avait 83 % de chances qu'il s'agisse du plus fort El Niño depuis 1950. Ce phénomène tire les températures mondiales vers le haut, rendant les vagues de chaleur et les fortes pluies plus probables dans certaines régions.

Signes surveillés par la Nasa

La Nasa observe El Niño depuis l'espace grâce à des satellites comme Sentinel-6 et PACE. Ces instruments mesurent plusieurs indicateurs clés : la température de l'eau, le niveau de la mer et la couleur de l'océan. Depuis janvier 2026, les satellites ont détecté une onde de Kelvin, une masse d'eau chaude longue de milliers de kilomètres se déplaçant lentement vers l'est du Pacifique. En avril 2026, cette onde a provoqué une hausse du niveau de la mer de 30 à 40 cm par endroits dans le Pacifique oriental, tandis qu'il a baissé de 15 à 20 cm autour de l'Indonésie et de l'Australie. Les températures de surface de la mer pourraient encore augmenter légèrement dans les mois à venir. Ces changements sont visibles sur les cartes de la Nasa, où une vaste bande d'eau chaude, représentée en rouge foncé, s'étend sur plusieurs millions de kilomètres carrés.

Impact sur la couleur de l'océan

El Niño modifie aussi la couleur de l'océan en réduisant la présence de phytoplancton, des microalgues qui donnent à l'eau des teintes vertes ou brunes. Normalement, les alizés remontent des eaux profondes riches en nutriments, favorisant la croissance du phytoplancton. Mais pendant El Niño, ces vents faiblissent, privant le phytoplancton de nourriture. Résultat : l'océan devient plus bleu, comme le montrent les images du satellite PACE de la Nasa, lancé en 2024. Ce changement peut avoir des conséquences sur la chaîne alimentaire marine, forçant certaines espèces à migrer vers d'autres zones. La comparaison entre octobre 2025 et octobre 2026 illustre cette transformation, avec des zones autrefois vertes ou jaunes devenant bleues.

Conséquences mondiales prévues

El Niño perturbe les conditions météorologiques dans le monde entier. Les agences météorologiques, dont l'Organisation météorologique mondiale (OMM), prévoient que le phénomène actuel se maintiendra jusqu'en février 2027 avec une probabilité de près de 100 %. Ses effets incluent des vagues de chaleur plus intenses, des pluies diluviennes et des sécheresses dans différentes régions. Par exemple, les agriculteurs, les pompiers et les habitants des zones côtières subissent déjà ses conséquences. La Nasa souligne que le changement climatique pourrait amplifier ces effets en rendant l'océan et l'atmosphère plus chauds, mais ne prouve pas que le changement climatique augmente la fréquence ou l'intensité d'El Niño. Les données des satellites continueront d'être analysées pour mieux comprendre et anticiper ces impacts.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs acteurs et outils jouent un rôle central dans le suivi d'El Niño. La Nasa utilise des satellites comme Sentinel-6, qui mesure le niveau de la mer tous les 10 jours, et PACE, qui analyse la couleur de l'océan. Ces données sont complétées par celles de la NOAA, l'agence américaine d'observation océanique et atmosphérique, ainsi que par des bouées et des capteurs en mer. Josh Willis, responsable scientifique des missions de mesure du niveau de la mer au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la Nasa, a souligné l'importance des *ondes de Kelvin* dans le développement du phénomène. L'OMM et la NOAA publient régulièrement des mises à jour sur l'évolution d'El Niño, tandis que des études, comme celles basées sur les coraux, permettent de comparer l'intensité actuelle avec des épisodes passés sur plus de 1 000 ans.

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