L’inflation a augmenté légèrement pour s’établir à 3, 1 % en septembre au Canada
La guerre au Moyen-Orient a continué de faire grimper les prix de l’essence..
En septembre 2023, l’inflation au Canada a atteint 3,1 % sur un an, soit une légère hausse par rapport au mois précédent (3,0 % en août). L’inflation mesure la hausse générale des prix des biens et services consommés par les ménages sur une période donnée. Ce taux est calculé par Statistique Canada, l’organisme public chargé de collecter et analyser les données économiques du pays. Une inflation modérée comme celle-ci signifie que, en moyenne, les prix augmentent, mais à un rythme qui reste sous contrôle pour l’instant. Cette hausse s’explique en grande partie par la flambée des prix de l’essence, qui ont bondi de 27,8 % en septembre par rapport à l’année précédente, malgré le passage à un mélange d’essence d’hiver généralement moins cher. Sans compter l’essence, l’inflation s’élèverait à 2,2 %, contre 2,4 % en août. Ce chiffre montre que, hors énergie, les prix augmentent à un rythme plus modéré.
La guerre au Moyen-Orient continue d’influencer l’économie canadienne, notamment en faisant monter les prix de l’essence. Ce conflit géopolitique perturbe les chaînes d’approvisionnement mondiales et peut entraîner des pénuries ou des hausses de prix sur les marchés internationaux. Au Canada, cette situation a aussi un effet direct sur les prix du mazout et des combustibles, qui ont augmenté de 57,8 % en septembre. Ce bond a particulièrement touché les consommateurs du Canada atlantique, où de nombreux foyers utilisent le mazout pour se chauffer. La hausse des coûts énergétiques pèse donc sur le budget des ménages, surtout dans les régions où le chauffage est essentiel. La Banque du Canada, l’institution qui gère la politique monétaire du pays, a indiqué qu’elle ne tiendrait pas compte des premiers effets de cette guerre dans sa prochaine décision sur les taux d’intérêt, prévue le 28 octobre 2023. Cependant, elle reste vigilante et prête à agir si l’inflation venait à s’accélérer davantage.
Les prix des aliments achetés en magasin ont augmenté de 1,7 % en septembre, soit la plus faible hausse annuelle depuis mai 2024. En août, cette augmentation était de 2,8 %. Ce ralentissement s’explique notamment par une baisse de 2,9 % des prix des légumes frais, ainsi que par un recul de 2,7 % pour le sucre et les confiseries. Les prix du bœuf, bien qu’encore en hausse, ont ralenti : ils ont augmenté de 8,7 % en septembre, contre 11 % en août. Malgré cette amélioration récente, les produits alimentaires restent 33 % plus chers qu’en septembre 2020. Cette hausse prolongée reflète des tensions sur les coûts de production, les perturbations logistiques ou encore les conditions climatiques. Pour les ménages, cela signifie que leur budget alimentation reste sous pression, même si la tendance récente est moins forte.
Les prix du logement ont augmenté de 1,8 % en septembre, contre 1,5 % en août. Cette hausse s’explique par plusieurs facteurs, dont la flambée des prix de l’énergie et une augmentation de 4,9 % de l’assurance hypothécaire. Les coûts d’entretien et de réparation des logements ont aussi progressé de 1,2 %. Le logement représente une part importante du budget des ménages, et cette inflation supplémentaire peut peser sur leur pouvoir d’achat. Les assurances hypothécaires désignent les primes payées pour couvrir les risques liés à un prêt immobilier, comme un incendie ou un dégât des eaux. Leur hausse peut refléter une augmentation des sinistres ou une réévaluation des risques par les assureurs. Pour la Banque du Canada, ces données sont cruciales, car elles influencent ses décisions sur les taux d’intérêt, qui déterminent le coût des emprunts pour les ménages et les entreprises.
Au Québec, l’inflation est restée stable à 3,1 % en septembre, comme au niveau national. Cette stabilité signifie que les prix y augmentent au même rythme qu’ailleurs au Canada, sans accélération ni ralentissement marqué. Le Québec, comme les autres provinces, subit les effets de la hausse des prix de l’énergie et des aliments, mais la situation y est comparable à la moyenne canadienne. Les données régionales sont importantes, car elles permettent de comprendre comment l’inflation affecte différemment les provinces, en fonction de leur économie locale, de leur dépendance à certains secteurs ou de leur politique de taxation. Pour les Québécois, cette stabilité peut être perçue comme une bonne nouvelle, car elle évite une dégradation supplémentaire de leur pouvoir d’achat.
Les données publiées par **Statistique Canada** le **2 octobre 2023** seront analysées par la **Banque du Canada** avant sa prochaine réunion sur les **taux d’intérêt**, prévue le **28 octobre 2023**. La banque centrale utilise ces informations pour évaluer si l’inflation est maîtrisée ou si elle risque de s’emballer. Dans ce dernier cas, elle pourrait **relever son taux directeur**, ce qui rendrait les emprunts (comme les prêts hypothécaires ou les crédits à la consommation) plus coûteux. Une hausse des taux peut freiner la consommation et l’investissement, ce qui, à terme, pourrait ralentir l’inflation. Cependant, la Banque du Canada a précisé qu’elle ne prendrait pas en compte les **premiers effets inflationnistes de la guerre au Moyen-Orient**, du moins pour l’instant. Elle reste donc attentive à l’évolution des prix, mais sans réagir de manière précipitée.

