Pourquoi les footballeurs du Mondial 2026 découpent-ils leurs chaussettes?
L'astuce insolite est censée améliorer leur confort, mais les bénéfices restent difficiles à prouver scientifiquement..
Lors de la Coupe du monde 2026, plusieurs footballeurs, dont des joueurs de l'équipe de France, apparaissent avec des chaussettes volontairement découpées ou percées. Cette pratique ne résulte pas d'un défaut matériel ou d'un accident, mais d'une modification intentionnelle. Les joueurs cherchent ainsi à réduire la sensation de compression exercée par leurs chaussettes professionnelles. Ces dernières sont conçues pour être très serrées afin de maintenir les protège-tibias, stabiliser le pied et limiter les mouvements dans la chaussure. Cependant, lors d'efforts intenses comme les sprints ou les changements de direction, les muscles du mollet gonflent, rendant cette compression inconfortable. La découpe des chaussettes permettrait de relâcher la pression et, selon certains joueurs, de diminuer les risques de douleur ou de crampes pendant les matchs.
Les scientifiques spécialisés en médecine du sport et en récupération restent sceptiques quant aux bénéfices réels de cette pratique. Aucune étude scientifique n'a démontré que percer ses chaussettes de compression améliore la circulation sanguine, réduit les crampes ou prévient les blessures. Les recherches existantes sur les vêtements de compression indiquent même que, lorsqu'ils sont bien conçus et adaptés, ils peuvent limiter certains marqueurs de fatigue et d'inflammation musculaire après un effort intense. Les experts soulignent un paradoxe : les joueurs tentent de retrouver une sensation de liberté en réduisant la compression, alors que celle-ci constitue justement l'un des objectifs principaux de ces chaussettes. Pourtant, dans le sport de haut niveau, le ressenti subjectif du joueur joue un rôle clé aux côtés des données scientifiques.
Malgré l'absence de preuves scientifiques, cette pratique se répand rapidement parmi les footballeurs. Les experts expliquent ce phénomène par l'importance des routines personnelles dans le sport de haut niveau. Si un joueur associe ses chaussettes modifiées à de meilleures sensations, une meilleure confiance ou de bons résultats lors des matchs, il est probable qu'il continue à les utiliser. Les règles de la FIFA n'interdisent pas cette modification, à condition que l'équipement reste sûr et que les protège-tibias restent correctement couverts. Cette tendance illustre comment, même dans un environnement ultra-compétitif et équipé de technologies avancées, les athlètes s'appuient aussi sur des habitudes individuelles, parfois proches de la superstition, pour optimiser leurs performances.
Cette pratique a été observée dès la saison 2025-2026 de l'Eredivisie néerlandaise, notamment chez des joueurs comme Boyd Lucassen du NAC Breda, avant même le début de la Coupe du monde 2026. Les règles du football autorisent cette modification tant que l'intégrité de l'équipement est préservée. Les protège-tibias doivent rester en place et correctement couverts pour garantir la sécurité des joueurs. Cette tolérance explique pourquoi cette tendance a pu se développer sans être immédiatement interdite. Le contexte du Mondial 2026, avec son attention médiatique mondiale, a contribué à populariser ce phénomène parmi les footballeurs professionnels.

