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Géopolitique

L’ONU admet que le réchauffement climatique dépassera la limite de + 1, 5 °C

Courrier International · mis à jour il y a 18 j

Le rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement qui vient d’être publié confirme que la planète se réchauffe plus que ce que vise l’accord de Paris. Pour maintenir l’objectif de + 1,5 °C d’ici à la fin du siècle, il faudrait tout mettre en œuvre pour ne pas dépasser un pic de + 1,8 °C, avant de revenir en arrière.

ONU confirme dépassement

Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), une agence de l’ONU, a publié le 2 septembre 2026 un rapport intitulé Limiter le dépassement, confirmant officiellement que la planète dépassera la limite de +1,5°C de réchauffement climatique par rapport à l’ère préindustrielle. Cette limite avait été fixée par l’accord de Paris en 2015 comme objectif à ne pas dépasser d’ici la fin du siècle pour éviter les conséquences les plus graves du changement climatique. Le rapport souligne que ce dépassement est inévitable en raison de l’insuffisance des actions mises en place pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Selon Andy Reisinger, climatologue coauteur du document, c’est la première fois qu’un organisme des Nations unies déclare sans ambiguïté que le seuil de +1,5°C sera franchi dans les prochaines années.

Accord de Paris affaibli

L’accord de Paris, signé en 2015 par 196 pays, visait à limiter le réchauffement climatique à +1,5°C, voire +2°C au maximum, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Cependant, dès 2024, le service Copernicus de l’Union européenne avait déjà enregistré une température moyenne mondiale supérieure de +1,52°C à celle de la période préindustrielle sur une année entière, une première historique. Malgré cette alerte, les États signataires n’ont pas suffisamment accéléré leurs efforts pour respecter cet objectif. Le rapport du PNUE indique qu’il faudrait désormais tout mettre en œuvre pour ne pas dépasser un pic de +1,8°C avant de tenter de revenir en dessous de +1,5°C, une tâche jugée extrêmement difficile, voire impossible selon les experts.

Gaz à effet de serre en cause

Les émissions de gaz à effet de serre, principalement issues de la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), sont responsables du réchauffement climatique. Ces gaz, comme le dioxyde de carbone (CO₂), piègent la chaleur dans l’atmosphère, provoquant une augmentation progressive des températures mondiales. Le rapport souligne que les niveaux actuels d’émissions sont tels que même des réductions drastiques et immédiates ne suffiraient plus à éviter le dépassement de +1,5°C. Les activités humaines, notamment l’industrie, les transports et l’agriculture intensive, continuent d’aggraver cette situation. La photo d’illustration accompagnant l’article montre d’ailleurs des fumées industrielles, symbole de cette pollution.

Conséquences déjà visibles

Le dépassement de +1,5°C n’est pas un simple chiffre : il s’accompagne de conséquences concrètes et parfois irréversibles. Les vagues de chaleur, les sécheresses prolongées, les inondations et la montée des eaux s’intensifient déjà. Par exemple, au Royaume-Uni, l’été 2026 a battu des records de chaleur rendus 130 fois plus probables par le dérèglement climatique. Les incendies, comme ceux observés à Hawaï, et les événements météorologiques extrêmes ont également des répercussions économiques majeures, perturbant les chaînes d’approvisionnement et augmentant les coûts pour les États. Le rapport du PNUE insiste sur l’urgence d’agir pour limiter ces impacts.

Ce que ça pourrait changer

Bien que le dépassement de +1,5°C soit désormais inévitable à court terme, le rapport du PNUE souligne qu’il reste crucial de limiter au maximum l’ampleur de ce dépassement. Pour y parvenir, les États devraient accélérer la transition vers des énergies renouvelables, améliorer l’efficacité énergétique, protéger les forêts et investir dans des technologies de capture du carbone. L’objectif est de ne pas dépasser un pic de +1,8°C, puis de revenir progressivement vers +1,5°C d’ici la fin du siècle. Cependant, les experts estiment que cela nécessiterait des mesures bien plus ambitieuses que celles actuellement mises en place par la plupart des pays.

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