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Plus de 90 % des articles ménagers courants contiennent des substances chimiques plastiques dangereuses.

Science & Vie · mis à jour 6 oct.

Emballages alimentaires, jouets, textiles et articles d'hygiène renferment massivement des substances chimiques plastiques nocives. Une ONG britannique vient de passer au crible cinq catégories de produits du quotidien..

Plastiques dans nos objets

Une étude récente révèle que plus de 90 % des objets ménagers courants contiennent des substances chimiques issues de plastiques, appelées plastifiants ou perturbateurs endocriniens. Ces composés sont ajoutés aux matériaux pour leur donner de la souplesse, de la résistance ou pour faciliter leur fabrication. Les plastifiants les plus fréquents incluent les phtalates et le bisphénol A (BPA), souvent utilisés dans les emballages alimentaires, les jouets, les textiles ou les produits de nettoyage. Ces substances ne sont pas chimiquement liées au plastique, ce qui signifie qu'elles peuvent se libérer progressivement dans l'environnement ou au contact des aliments, de l'air ou de la peau. Leur dangerosité repose sur leur capacité à imiter ou à interférer avec les hormones naturelles du corps humain, d'où leur nom de perturbateurs endocriniens.

Risques pour la santé

Les perturbateurs endocriniens sont suspectés d'avoir des effets néfastes sur la santé, même à faible dose. Selon les experts, une exposition prolongée pourrait favoriser des troubles comme l'infertilité, des malformations congénitales, des cancers hormono-dépendants (comme le cancer du sein ou de la prostate), ou encore des maladies métaboliques comme le diabète. Les populations les plus vulnérables incluent les femmes enceintes, les jeunes enfants et les adolescents, dont les systèmes hormonaux sont en développement. Une étude citée dans l'article souligne que ces substances pourraient être responsables de 10 000 à 20 000 cas de cancers supplémentaires par an en Europe. Les voies d'exposition sont multiples : ingestion (aliments, boissons), inhalation (poussières, air intérieur) ou contact cutané (produits ménagers, cosmétiques).

Objets concernés au quotidien

Les objets du quotidien les plus touchés par cette contamination incluent les contenants alimentaires en plastique (bouteilles, boîtes de conservation), les ustensiles de cuisine (spatules, planches à découper), les jouets en plastique souple, les textiles traités (rideaux, tapis), les produits de nettoyage (liquides vaisselle, désinfectants), ainsi que les emballages alimentaires jetables (barquettes, films étirables). Les plastiques recyclés sont particulièrement pointés du doigt, car ils peuvent contenir des résidus de substances chimiques issues de leur première utilisation. Par exemple, une bouteille en plastique recyclé peut libérer jusqu'à 10 fois plus de perturbateurs endocriniens qu'une bouteille neuve. Les articles fabriqués avant 2010 sont souvent les plus concernés, car les réglementations sur ces substances se sont renforcées depuis.

Réglementation et lacunes

Bien que des réglementations existent, comme l'interdiction du BPA dans les biberons en Europe depuis 2011 ou la restriction des phtalates dans les jouets, les experts estiment que ces mesures sont insuffisantes. En 2026, seulement 30 % des perturbateurs endocriniens identifiés sont régulés en Europe, et les seuils autorisés pour les substances restantes restent élevés. Les industriels ont souvent recours à des alternatives non testées ou moins connues, comme les bisphénols S ou les phtalates à chaîne courte, dont les effets à long terme sont mal évalués. De plus, les tests de sécurité actuels ne prennent pas en compte l'effet cocktail, c'est-à-dire les interactions entre plusieurs perturbateurs endocriniens présents simultanément dans un même produit ou dans l'environnement.

Ce que ça pourrait changer

Pour réduire son exposition, les experts recommandent d'éviter les plastiques numérotés 3, 6 et 7 (symboles de recyclage), qui sont les plus susceptibles de contenir des perturbateurs endocriniens. Privilégier les contenants en verre, en inox ou en céramique pour les aliments et boissons est une alternative plus sûre. Il est aussi conseillé de ne pas chauffer les aliments dans du plastique au micro-ondes, car la chaleur accélère la libération des substances chimiques. Pour les produits ménagers, opter pour des formules sans parfum ou étiquetées *sans phtalates* peut limiter les risques. Enfin, aérer régulièrement son logement et utiliser un aspirateur avec filtre HEPA permet de réduire l'inhalation de poussières contaminées. Ces gestes simples pourraient réduire l'exposition de 40 % selon certaines estimations.

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