Ottawa offre 15 % de Trans Mountain à des nations autochtones
De nombreuses nations souhaitent devenir actionnaires..
Le gouvernement canadien propose à 129 nations autochtones de devenir actionnaires à hauteur de 15 % du projet Trans Mountain, un oléoduc majeur transportant du pétrole entre l’Alberta et la Colombie-Britannique. Cette offre s’accompagne d’un paiement unique de 2,5 millions de dollars par nation intéressée. Trans Mountain est un pipeline d’une valeur estimée à 34 milliards de dollars, entièrement détenu par la Société Trans Mountain, une entreprise publique fédérale. L’objectif affiché est de permettre aux communautés autochtones de participer financièrement à un projet d’infrastructure qui traverse leurs territoires et d’en tirer des bénéfices directs. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de réconciliation économique, selon les déclarations du ministre des Finances du Canada, John Fragos.
Les réactions des représentants autochtones sont partagées. Dale Swampy, directeur général de la Coalition nationale des chefs, salue cette offre comme une avancée positive, soulignant que les Premières Nations ont longtemps souhaité établir des partenariats durables avec les opérateurs de pipelines. Stephen Buffalo, président de la Société albertaine d’investissement pour les Autochtones, estime quant à lui que l’offre de 15 % est insuffisante pour une véritable réconciliation économique. Il suggère que des négociations plus généreuses auraient pu être envisagées, tout en reconnaissant que ce premier pas ouvre un débat important sur la participation autochtone dans les grands projets d’infrastructure. Les détails précis de l’offre, comme les conditions d’acquisition des parts ou l’étendue exacte de la participation, n’ont pas encore été rendus publics.
Le projet Trans Mountain, dont le coût total est estimé à 34 milliards de dollars, est un oléoduc transportant du pétrole brut de l’Alberta vers la côte Pacifique en Colombie-Britannique. Il est actuellement entièrement détenu par la Société Trans Mountain, une entité publique fédérale. Ce pipeline est stratégique pour l’économie canadienne, car il permet d’exporter du pétrole vers des marchés internationaux, notamment en Asie. Cependant, son expansion et son exploitation suscitent des débats, notamment en raison de leurs impacts environnementaux et des tensions avec les communautés autochtones dont les territoires sont traversés. Le gouvernement fédéral cherche ainsi à intégrer ces communautés dans la gouvernance et les bénéfices du projet.
Cette initiative gouvernementale soulève plusieurs enjeux. D’un point de vue économique, elle vise à redistribuer une partie des revenus générés par le pipeline vers les nations autochtones, tout en favorisant leur autonomie financière. Sur le plan politique, elle s’inscrit dans une démarche de réconciliation, un processus visant à réparer les injustices historiques subies par les peuples autochtones au Canada. Cependant, des questions restent en suspens, comme les modalités exactes de la participation autochtone (parts, droits de vote, durée) ou l’impact environnemental du projet. Les négociations en cours entre Ottawa et les nations autochtones pourraient apporter des précisions dans les mois à venir.

