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Généraliste

Combien vaut une promesse électorale?

Le Devoir · mis à jour il y a 8 j

En planification financière, une décision est rarement prise en fonction de son seul avantage immédiat..

Promesses électorales et finances

Les promesses électorales, comme les décisions financières, ne doivent pas être évaluées uniquement sur leur montant annoncé. Une promesse de 1000 $ par an, par exemple, ne représente en réalité que 83 $ par mois pour un bénéficiaire. Les montants annoncés ne reflètent pas toujours la valeur réelle reçue, car ils dépendent de mécanismes fiscaux ou de conditions d'éligibilité. Par exemple, une déduction fiscale de 5000 $ réduit le revenu imposable, mais l'économie réelle varie selon le taux d'imposition de l'individu. Un crédit d'impôt non remboursable diminue l'impôt à payer, tandis qu'un crédit remboursable peut être versé même sans impôt à payer. Ces distinctions sont cruciales pour comprendre l'impact réel d'une promesse sur le portefeuille des électeurs.

REEE et horizon temporel

Certaines promesses électorales, comme le versement de 1000 $ dans un régime d'épargne-études (REEE) pour chaque enfant né à partir de l'automne 2027, n'ont pas d'impact immédiat sur le pouvoir d'achat des parents. Cependant, cette somme, investie pendant 18 ans à un taux de rendement hypothétique de 5 %, pourrait atteindre environ 2400 $ au moment où l'enfant fera ses études. Cela illustre que certaines mesures visent des bénéfices à long terme plutôt qu'immédiats. Il est donc important de distinguer les promesses conçues pour une consommation immédiate de celles destinées à l'épargne ou à l'investissement futur.

Crédits d'impôt et TVQ

Les partis politiques proposent souvent des crédits d'impôt ou des remboursements de taxes (comme la TVQ) pour attirer les électeurs. Par exemple, la Coalition avenir Québec (CAQ) propose un crédit d'impôt remboursable pouvant atteindre 7000 $, tandis que le Parti libéral du Québec (PLQ) offre un remboursement partiel de TVQ pouvant atteindre 10 000 $. Le Parti québécois (PQ) propose un remboursement de TVQ pouvant atteindre 45 000 $, et Québec solidaire (QS) un prêt pouvant atteindre 50 000 $ pour la mise de fonds d'un premier acheteur. Cependant, ces montants ne s'appliquent pas aux mêmes situations ou types de propriétés. Un acheteur doit analyser sa situation personnelle pour déterminer quelle promesse est réellement avantageuse pour lui.

Dépenses et planification

Une promesse électorale, même avantageuse, ne doit pas inciter à une dépense non planifiée ou inutile. Par exemple, l'abolition de la TVQ sur les biens usagés peut représenter une économie substantielle pour quelqu'un qui prévoit acheter une voiture d'occasion. Cependant, cette économie ne justifie pas un achat précipité si le budget ne le permet pas. De même, un remboursement fiscal pour l'achat d'une maison neuve ne doit pas pousser à acheter une propriété plus chère que nécessaire si une maison existante répond mieux aux besoins et au budget. Les promesses électorales doivent être intégrées dans une stratégie financière globale, et non en être le principal fondement.

Ce que ça pourrait changer

En planification financière, une décision est rarement prise pour son avantage immédiat, mais plutôt pour ses effets à long terme et ses objectifs globaux. La même logique s'applique au vote : une promesse électorale ne devrait pas déterminer le choix de vote à elle seule. Une analyse approfondie est nécessaire pour comprendre la valeur réelle d'une promesse, en tenant compte de son impact immédiat, de son horizon temporel et de sa compatibilité avec ses propres objectifs financiers. Les électeurs doivent se demander si une promesse s'inscrit dans une stratégie cohérente ou si elle répond à un besoin ponctuel.

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