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Droit

Fraude aux moyens de paiement : une situation maîtrisée, sauf pour les escroqueries par manipulation

LexisVeille · mis à jour il y a 13 j

Fraude aux moyens de paiement : une situation maîtrisée, sauf pour les escroqueries par manipulation Banque et finance.

Progression des paiements mobiles

En 2025, les moyens de paiement scripturaux ont connu une augmentation significative, principalement portée par l’essor des paiements mobiles et des virements instantanés. Ces deux modes de transaction, qui permettent de régler un achat ou de transférer des fonds en quelques secondes via un smartphone ou un ordinateur, ont gagné en popularité auprès du grand public. Les paiements mobiles désignent les transactions effectuées via des applications bancaires, des portefeuilles électroniques comme Apple Pay ou Google Pay, ou encore des solutions de paiement en ligne. Les virements instantanés, quant à eux, permettent de créditer un compte en moins de 10 secondes, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, contrairement aux virements classiques qui peuvent prendre jusqu’à 24 heures. Cette évolution reflète une tendance de fond vers la dématérialisation des transactions financières, facilitée par l’amélioration des infrastructures technologiques et l’adoption croissante des services bancaires en ligne.

Baisse globale de la fraude

Malgré l’augmentation du volume des transactions, le nombre d’opérations frauduleuses a diminué de 7,6 % en 2025 par rapport à l’année précédente. Cette baisse s’inscrit dans un contexte où les moyens de paiement deviennent de plus en plus sécurisés, notamment grâce à l’introduction de technologies comme la double authentification ou les paiements biométriques (reconnaissance d’empreinte digitale ou faciale). Cependant, cette amélioration globale ne concerne pas tous les types de fraudes. Les chiffres montrent que la fraude à la carte bancaire a atteint son niveau le plus bas depuis plusieurs années, avec seulement 47 euros détournés pour 100 000 euros payés par carte. Cette donnée illustre une efficacité accrue des dispositifs de protection mis en place par les banques et les émetteurs de cartes, comme les alertes en temps réel ou les plafonds de dépenses personnalisables.

Recul de la fraude au chèque

La fraude au chèque a également connu un recul de 16 % en 2025, une tendance encourageante pour les acteurs du secteur bancaire. Les chèques, bien que moins utilisés qu’auparavant, restent vulnérables aux fraudes, notamment lorsque des documents sont volés ou falsifiés. En effet, les chèques volés représentent encore 90 % des fraudes liées à ce moyen de paiement. Cette proportion souligne que, malgré les progrès technologiques, les fraudes traditionnelles persistent et ciblent des méthodes de paiement encore en circulation. Les banques continuent de renforcer leurs systèmes de détection des chèques frauduleux, par exemple en utilisant des algorithmes d’analyse des signatures ou en collaborant avec les forces de l’ordre pour traquer les réseaux criminels.

Ce que ça pourrait changer

Si la fraude aux moyens de paiement scripturaux (cartes, virements, chèques) recule globalement, un type d’escroquerie résiste à cette tendance : les **escroqueries par manipulation**. Contrairement aux fraudes techniques où des pirates exploitent des failles informatiques, ces escroqueries reposent sur la tromperie psychologique pour inciter une victime à effectuer un virement ou à communiquer des informations sensibles. Par exemple, un escroc peut se faire passer pour un représentant d’une banque ou d’un service public afin de convaincre sa cible de transférer des fonds sous un prétexte urgent. Ces méthodes, souvent appelées *phishing* (hameçonnage) ou *vishing* (hameçonnage vocal), exploitent la confiance ou la méconnaissance des victimes. Elles représentent aujourd’hui le principal défi en matière de lutte contre la fraude, car elles ne dépendent pas de failles technologiques mais de la vulnérabilité humaine.

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