« Réaffirmer la clause relative à l’État ennemi » : comment Pékin et Moscou se servent de la Charte de l’ONU pour menacer le Japon
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En 2026, les tensions en Asie de l’Est s’intensifient entre le Japon et deux de ses voisins, la Chine et la Russie. Ces deux pays critiquent vivement la politique de réarmement du Japon, dirigée par la Première ministre Sanae Takaichi. Cette stratégie vise à contrer l’influence croissante de la Chine dans les mers asiatiques, notamment sur le plan militaire. Les dépenses militaires chinoises dépassent désormais celles du Japon d’un facteur cinq, ce qui illustre l’écart grandissant entre les deux nations. Cette situation crée un climat de méfiance mutuelle, où chaque partie cherche à renforcer sa position stratégique dans la région.
La Charte des Nations unies, adoptée en 1945 à San Francisco, est un traité international qui établit les règles du droit international pour éviter de nouvelles guerres mondiales. Elle accorde au Conseil de sécurité de l’ONU le pouvoir exclusif de décider des mesures militaires coercitives contre un État. Cependant, l’article 53 de cette charte prévoit une exception : il permet de prendre des mesures militaires contre un État considéré comme un « ennemi » ayant combattu contre l’un des signataires pendant la Seconde Guerre mondiale, si ce dernier menace de relancer une politique d’agression. Cette clause visait initialement à prévenir un retour en force de l’Allemagne ou du Japon, anciens membres de l’Axe.
La clause de l’État ennemi, mentionnée dans l’article 53 de la Charte de l’ONU, permet théoriquement à un pays de justifier des actions militaires contre un État ayant été son adversaire pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1995, après la chute du mur de Berlin, l’Assemblée générale de l’ONU a voté pour supprimer cette clause, avec le soutien de la Chine. En 2005, cette suppression a été confirmée lors du Sommet mondial sur les « Objectifs du Millénaire », toujours avec l’accord de Pékin. Cependant, cette suppression n’a jamais été officiellement appliquée, car elle nécessitait la ratification par les membres permanents du Conseil de sécurité, ce qui n’a jamais eu lieu.
En 2026, la Chine et la Russie ont décidé de réactiver cette clause de l’État ennemi pour critiquer et menacer le Japon. Elles accusent Tokyo de développer un « néo-militarisme », notamment en raison de son alliance étroite avec les États-Unis et de ses projets de réarmement. Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a publiquement dénoncé le Japon en août 2026, l’accusant de vouloir « remodeler le droit international à son image » et de renier sa responsabilité historique dans la Seconde Guerre mondiale. Le ministère chinois de la Défense a également publié un éditorial le 10 septembre 2026, affirmant que la clause devait être réaffirmée pour contenir toute agression et préserver la paix.
Les menaces proférées par la Chine et la Russie contre le Japon s’inscrivent dans un contexte de propagande et de montée des tensions en Asie de l’Est. Ces deux pays utilisent la clause de l’État ennemi comme un outil de pression politique, bien que cette clause n’ait pas de base juridique solide depuis sa suppression non ratifiée. Les déclarations de Lavrov et les éditoriaux chinois visent à discréditer la politique japonaise et à rappeler son passé historique. Ces manœuvres pourraient également servir à influencer d’autres pays, comme l’Allemagne, selon des observateurs. La situation reflète une stratégie de dissuasion mutuelle, où chaque partie cherche à protéger ses intérêts stratégiques dans un environnement international de plus en plus tendu.

