Le Collège LaSalle sonne l’alarme sur ses difficultés financières et demande des solutions
L'établissement scolaire dit avoir près de 48 millions $ de dettes auprès du gouvernement du Québec..
Le Collège LaSalle, un établissement d’enseignement privé bilingue situé à Montréal, fait face à une crise financière majeure. Sa direction a alerté la première ministre du Québec, Christine Fréchette, dans une lettre datée du 23 août 2026, indiquant que l’établissement pourrait être contraint de fermer ses portes faute de solutions. Le Collège cumule près de 48 millions de dollars de dettes envers le gouvernement québécois. Pour éviter une faillite immédiate, il menace de se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies dès le 25 août 2026. Cette procédure, souvent appelée faillite légale, permettrait au Collège de négocier un plan de restructuration avec ses créanciers et de continuer ses activités. Le directeur général, Claude Marchand, a souligné que cette issue n’est pas souhaitée mais pourrait devenir inévitable sans accord avec le gouvernement.
La principale cause des difficultés financières du Collège LaSalle est une amende de 29,9 millions de dollars imposée par le gouvernement du Québec. Cette pénalité résulte du dépassement des quotas d’étudiants inscrits dans des programmes anglophones pour les années scolaires 2023-2024 et 2024-2025. Depuis 2022, une réforme de la Charte de la langue française limite strictement le nombre d’étudiants admis dans les établissements collégiaux anglophones. Le Collège a dépassé son quota de 716 étudiants en 2023-2024 et de 1 066 étudiants en 2024-2025, soit plus que le nombre total d’inscriptions autorisées dans tous les cégeps privés subventionnés de la province. Chaque étudiant en excès peut entraîner une pénalité de plus de 7 000 dollars. Le Collège conteste cette amende devant les tribunaux et demande au gouvernement de revoir son montant.
En plus de l’amende de 29,9 millions de dollars, le Collège doit rembourser 17,9 millions de dollars de subventions provinciales reçues pour l’année scolaire 2025-2026. Le gouvernement propose un calendrier de remboursement où il retiendrait 14,9 millions de dollars sur les subventions des deux prochaines années. Cependant, le Collège estime que ce calendrier est incompatible avec sa survie financière, car il ne pourrait plus payer ses dépenses courantes. Le directeur général, Claude Marchand, a précisé dans sa lettre que chaque dollar de l’établissement est réinvesti dans sa mission éducative, car il s’agit d’un organisme à but non lucratif. Le Collège avait déjà alerté sur les conséquences de cette dette l’année précédente, retardant même la rentrée des classes d’un jour, ce qui avait suscité des critiques de la part de la ministre de l’Enseignement supérieur de l’époque.
Pour éviter la fermeture, le Collège LaSalle propose plusieurs solutions au gouvernement québécois. Il demande d’abord l’approbation du transfert du permis de l’Institut Teccart, un autre collège privé subventionné, vers le Collège LaSalle dès l’automne 2026. Il souhaite également la création d’un programme de DEC (Diplôme d’études collégiales) en sciences, ainsi qu’un réexamen du calendrier de remboursement de sa dette. Le Collège évoque aussi la possibilité de transférer son hypothèque à Investissement Québec pour obtenir un taux d’intérêt plus avantageux, ou de réduire les intérêts sur un prêt contracté auprès de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ). Ces mesures visent à alléger sa charge financière tout en permettant à l’établissement de continuer à fonctionner et à former des étudiants pour répondre aux besoins du marché du travail québécois.
La situation du Collège LaSalle s’inscrit dans un contexte de tensions entre les établissements d’enseignement privés et le gouvernement québécois concernant l’application de la *Charte de la langue française*. Depuis 2022, cette loi impose des quotas stricts pour les programmes anglophones, visant à protéger le français. Le gouvernement considère que le Collège a enfreint ces règles de manière répétée et systématique, justifiant ainsi les pénalités imposées. En 2023, le Collège avait déjà reporté sa rentrée d’un jour pour protester contre ces mesures, une décision critiquée par la ministre de l’Enseignement supérieur de l’époque, Pascale Déry, qui avait accusé l’établissement de « garder en otage » les étudiants. Le ministère de l’Enseignement supérieur n’a pas souhaité commenter la situation actuelle.

