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Géopolitique

À Bruxelles, une intense guerre froide entre Ursula von der Leyen et Kaja Kallas

Courrier International · mis à jour il y a 12 j

L’Allemagne et la France souhaiteraient placer le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) sous la houlette de la Commission et donc d’Ursula von der Leyen. Problème, ce plan de réforme ne plaît pas à Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie de l’UE, qui a décidé d’œuvrer en coulisse pour défendre ses prérogatives..

Contexte de tension

À Bruxelles, une rivalité oppose actuellement deux figures majeures de l’Union européenne (UE) : Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Kaja Kallas, haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères. Selon David Carretta, journaliste du média italien Il Foglio, les institutions européennes traversent une période de forte agitation. Cette tension s’inscrit dans le cadre d’une proposition de réforme soutenue par l’Allemagne et la France, visant à transférer une grande partie du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) sous l’autorité de la Commission européenne. Le SEAE est le service diplomatique de l’UE, chargé de coordonner les relations extérieures des États membres. Ce projet, bien que semblant technique, pourrait avoir des répercussions majeures sur l’équilibre des pouvoirs au sein de l’UE.

Rôle du SEAE

Le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) est un organe clé de l’UE, créé en 2010 pour centraliser la diplomatie européenne. Il est dirigé par Kaja Kallas, qui occupe le poste de haute représentante pour les affaires étrangères. Cette institution a pour mission de représenter l’UE à l’international, de coordonner les positions des États membres en matière de politique étrangère et de gérer les délégations diplomatiques de l’UE dans le monde. Actuellement, le SEAE emploie environ 4 000 fonctionnaires et dispose d’un budget annuel d’environ 1 milliard d’euros. Le projet de réforme propose de rapatrier une partie de ses compétences au sein de la Commission européenne, dirigée par Ursula von der Leyen, ce qui pourrait affaiblir le rôle de Kaja Kallas.

Enjeux de la réforme

La proposition de réforme, soutenue par Berlin et Paris, vise à renforcer le contrôle de la Commission européenne sur la diplomatie de l’UE. Si elle est adoptée, une grande partie des missions du SEAE serait transférée à la Commission, ce qui réduirait l’autonomie de Kaja Kallas. Cette dernière craint que ses compétences ne soient progressivement absorbées, limitant son influence sur la politique étrangère européenne. Ursula von der Leyen, quant à elle, pourrait ainsi centraliser davantage de pouvoir entre ses mains. Cette rivalité illustre une guerre froide interne à l’UE, où deux institutions majeures s’affrontent pour le contrôle des leviers de décision. Le contexte est d’autant plus tendu que les traités actuels confèrent au SEAE un rôle central en matière de diplomatie.

Ce que ça pourrait changer

Cette tension entre Ursula von der Leyen et Kaja Kallas reflète des divergences plus larges au sein de l’UE sur la gouvernance et la répartition des pouvoirs. La Commission européenne, dirigée par von der Leyen, cherche à étendre son influence, tandis que le SEAE, dirigé par Kallas, défend son autonomie. Cette rivalité s’inscrit dans un contexte où les États membres, notamment l’Allemagne et la France, jouent un rôle clé dans les négociations. Si la réforme est adoptée, elle pourrait modifier l’équilibre institutionnel de l’UE, en renforçant le poids de la Commission au détriment du SEAE. Cependant, cette proposition reste controversée et suscite des débats intenses au sein des institutions bruxelloises.

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