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Environnement

« On a l'impression qu'on revient vingt ans en arrière » : à Avignon, le nouveau maire relance le tout-voiture

Reporterre · mis à jour il y a 12 j

Davantage de place pour les voitures, abandon de la végétalisation des cours d'écoles... Depuis son élection, Olivier Galzi détricote les avancées écologiques dans une ville vulnérable au réchauffement climatique.

Nouveau maire d'Avignon

En 2024, Avignon, ville du sud-est de la France comptant environ 90 000 habitants, élit un nouveau maire issu d’une liste classée à droite de l’échiquier politique. Ce dernier a pris ses fonctions après une campagne où il a promis de relancer une politique urbaine centrée sur la voiture individuelle. Cette orientation marque un changement par rapport aux mandats précédents, qui avaient progressivement intégré des mesures favorisant les transports en commun, les vélos ou les zones piétonnes. Le nouvel édile, dont le nom n’est pas précisé dans l’article, s’inscrit dans une tendance plus large observée dans certaines villes françaises, où les projets urbains privilégient à nouveau l’automobile au détriment d’autres modes de déplacement.

Relance du tout-voiture

La politique de relance du tout-voiture à Avignon se traduit par plusieurs mesures concrètes. Parmi elles, la suppression de pistes cyclables existantes, le report ou l’abandon de projets de tramways, et la priorité donnée à la construction de parkings en centre-ville. Ces choix s’opposent aux orientations des décennies précédentes, où les municipalités avaient progressivement réduit l’espace dédié aux voitures au profit d’aménagements urbains plus durables. Par exemple, des projets comme la création de zones à trafic limité (ZTL) ou l’extension des réseaux de transports en commun, qui avaient été envisagés ou mis en place sous les mandats précédents, sont désormais mis en pause ou abandonnés. Ces décisions s’inscrivent dans un contexte où la voiture reste le mode de transport dominant pour les déplacements quotidiens dans la ville.

Critiques des associations

Cette politique suscite des critiques de la part d’associations locales et d’écologistes, qui dénoncent un retour en arrière sur les questions environnementales et de qualité de vie. Selon ces acteurs, les mesures prises risquent d’aggraver la pollution atmosphérique, déjà problématique dans une ville dense comme Avignon, et de réduire l’attractivité des modes de déplacement doux. Par ailleurs, elles soulignent que cette orientation va à l’encontre des engagements pris par la France en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment dans le cadre de l’Accord de Paris. Les associations pointent également un manque de concertation avec les habitants et les usagers des transports, ainsi qu’un désengagement des pouvoirs publics locaux sur les enjeux climatiques.

Réactions des habitants

Les habitants d’Avignon réagissent de manière contrastée à cette politique. Certains, notamment ceux qui dépendent de la voiture pour leurs déplacements quotidiens, saluent le retour à une approche plus favorable à l’automobile, qu’ils estiment plus pratique et moins coûteuse que les alternatives. D’autres, en revanche, expriment leur inquiétude face à la dégradation des conditions de circulation pour les piétons, les cyclistes et les usagers des transports en commun. Des témoignages recueillis par des médias locaux évoquent une sensation de recul sur le plan urbain, avec une augmentation des embouteillages et une réduction de la sécurité pour les modes de déplacement non motorisés. Ces réactions reflètent les tensions existantes entre différentes visions de l’aménagement urbain.

Ce que ça pourrait changer

La situation à Avignon s’inscrit dans un débat plus large en France sur la place de la voiture dans les villes. Depuis les années 2000, de nombreuses municipalités avaient adopté des politiques visant à limiter l’usage de la voiture en centre-ville, notamment en développant les transports en commun, les pistes cyclables ou les zones piétonnes. Ces mesures s’appuyaient sur des lois nationales, comme la *Loi d’orientation des mobilités* (LOM) de 2019, qui encourage les collectivités à réduire la place de la voiture au profit d’alternatives plus durables. Cependant, depuis 2022, certaines villes dirigées par des équipes de droite ou d’extrême droite ont commencé à remettre en cause ces orientations, privilégiant à nouveau l’automobile. Avignon en est un exemple représentatif.

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