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Géopolitique

Les gros sont plus stigmatisés que jamais, et c’est très mauvais signe

Courrier International · mis à jour il y a 29 j

L’engouement pour les traitements amincissants marque un retour en force du culte de la minceur. Plus que jamais, les corps qui s’éloignent de l’idéal “blanc, mince et valide” sont stigmatisés, déplore l’hebdomadaire suisse “Die Wochenzeitung”.

Retour du culte minceur

L’article souligne un regain d’intérêt marqué pour la minceur comme idéal esthétique, comparable à celui des décennies précédentes. Ce phénomène se manifeste notamment par l’engouement pour des médicaments amincissants comme l’Ozempic ou le Wegovy, dont les ventes explosent. Par exemple, ces traitements, initialement conçus pour les personnes diabétiques, sont désormais massivement utilisés pour perdre du poids, même en l’absence de nécessité médicale. Cette tendance s’accompagne d’une stigmatisation accrue des corps qui s’éloignent de cet idéal, comme le montre l’exemple d’Ariana Grande, dont la maigreur dans son clip Petal a suscité des commentaires généralisés, malgré ses démentis. Le culte de la minceur n’est pas nouveau, mais il semble plus prégnant que jamais, touchant des domaines variés : cinéma, podiums, réseaux sociaux et même la vie quotidienne.

Grossophobie et discriminations

L’article met en lumière une forme de discrimination appelée grossophobie, qui désigne la stigmatisation des personnes en situation de surpoids ou d’obésité. Cette discrimination n’est pas isolée : elle s’entremêle souvent avec d’autres formes de préjugés, comme le racisme ou la misogynie (hostilité envers les femmes). Par exemple, les commentaires sur le physique d’Ariana Grande, une femme noire, illustrent comment la grossophobie peut se combiner avec des stéréotypes raciaux et sexistes. Le journal suisse Die Wochenzeitung (WOZ), source de l’article, souligne que cette stigmatisation n’est pas anodine : elle reflète une dérive plus large de la société, notamment vers des idéologies d’extrême droite, où la norme corporelle devient un outil de contrôle social et de marginalisation des minorités.

Médicaments coupe-faim en hausse

Les médicaments comme l’Ozempic et le Wegovy sont au cœur de cette tendance. Initialement développés pour traiter le diabète de type 2, ces traitements à base de sémaglutide (une molécule qui régule l’appétit) sont désormais largement détournés pour des usages esthétiques. Leur popularité s’explique par leur efficacité : des études montrent une perte de poids moyenne de 15 à 20 % du poids corporel chez les patients traités. Cependant, leur usage massif pose des questions éthiques et sanitaires. Par exemple, les effets secondaires à long terme restent mal connus, et leur accessibilité inégale (coût élevé, remboursement partiel) crée des inégalités d’accès. En 2026, leur vente s’est accélérée, reflétant une demande sociale croissante pour des solutions rapides, au détriment parfois de la santé globale.

Conséquences sociales alarmantes

Cette obsession pour la minceur a des répercussions profondes sur la société. D’abord, elle renforce les stéréotypes selon lesquels la minceur serait synonyme de santé, de discipline ou de réussite, tandis que le surpoids serait associé à la paresse ou à l’échec. Ensuite, elle marginalise les personnes qui ne correspondent pas à cet idéal, comme les bears (hommes gay et bisexuels enrobés et poilus), dont la communauté est directement touchée par cette tendance. Enfin, elle alimente un climat de pression sociale intense, où les individus sont jugés en permanence sur leur apparence. Le journal Die Wochenzeitung y voit un signe inquiétant de dérive autoritaire, où la norme corporelle devient un outil de contrôle politique et social.

Ce que ça pourrait changer

L’article établit un lien entre cette stigmatisation accrue et des mouvements politiques plus larges. Selon le journal suisse, la grossophobie s’inscrit dans une logique plus large de rejet des différences, caractéristique des idéologies d’extrême droite. Ces mouvements prônent souvent une vision homogénéisée de la société, où les normes corporelles, raciales ou genrées jouent un rôle central. Par exemple, en Corée du Sud, des célébrités dénoncent le *Pyeomalla*, un culte de la maigreur extrême qui pousse des milliers de personnes à adopter des régimes dangereux. Ce phénomène n’est pas isolé : il s’inscrit dans une tendance mondiale où la beauté devient un enjeu politique, reflétant des rapports de force plus profonds dans la société.

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