Des étudiants de McGill demandent le retour sur les bancs d’école d’un meurtrier condamné
Jeffrey George Ewert, aujourd’hui en libération conditionnelle, a été reconnu coupable d’un meurtre commis en 1984..
Jeffrey George Ewert, un homme aujourd’hui âgé d’une soixantaine d’années, a été reconnu coupable en 1984 pour un meurtre et une tentative de meurtre commis en Colombie-Britannique. Il avait agressé sexuellement et tué une femme avant de battre une adolescente de 15 ans, la laissant pour morte dans un fossé. Cette dernière a survécu mais est restée paralysée à vie. Condamné pour ces crimes, il a purgé une peine de plusieurs décennies en prison avant d’obtenir une libération conditionnelle de jour en 2025. La libération conditionnelle de jour signifie qu’il est autorisé à quitter la prison pendant la journée pour des activités autorisées, comme des études, mais doit retourner en prison le soir.
Jeffrey George Ewert a entamé des études en droit à l’Université McGill à Montréal, une institution prestigieuse au Canada. Son inscription a été rendue publique la semaine précédente par un article de CBC News, ce qui a suscité des réactions parmi les étudiants. Certains d’entre eux, notamment à la faculté de droit, ont exprimé leur malaise à l’idée d’étudier aux côtés d’un meurtrier condamné. McGill est une université anglophone située à Montréal, au Québec, et elle est reconnue pour son excellence académique et sa diversité étudiante.
Le 6 octobre 2025, Jeffrey George Ewert a été escorté hors du campus de McGill par des gardes de sécurité, sans qu’aucun incident n’ait été signalé au sein de la faculté. L’université a justifié cette exclusion en invoquant des renseignements susceptibles de compromettre la sécurité de leur milieu d’apprentissage et le bien-être des étudiants. Angela Campbell, vice-rectrice principale aux études de McGill, a précisé que un antécédent judiciaire, à lui seul, n’empêche pas une personne d’étudier à McGill, mais que l’université a un devoir de protection envers toute la communauté. Aucune décision formelle concernant son retour n’a encore été prise.
Plus d’une centaine d’étudiants de McGill ont signé une pétition demandant le retour de Jeffrey George Ewert sur le campus. Parmi eux, Raymond Johnson-Brown, un étudiant en droit et collègue de classe d’Ewert, a souligné que la réinsertion sociale des personnes condamnées est un processus qui nécessite un accompagnement, et non une exclusion brutale. La pétition vise à obtenir un processus équitable et transparent pour toutes les parties concernées, y compris les étudiants mal à l’aise avec sa présence et Ewert lui-même. L’Association des étudiant·e·s en droit de McGill a également critiqué la gestion réactive de la situation par l’université.
Angela Campbell, vice-rectrice principale aux études de McGill, a reconnu dans un courriel envoyé à la communauté étudiante que *de nombreux membres de notre communauté, particulièrement à la Faculté de droit, sont inquiets*. Elle a affirmé que ces préoccupations sont *légitimes* et *prises très au sérieux*. McGill a confirmé que la situation fait actuellement l’objet d’un *examen attentif par les instances compétentes de l’Université*, sans préciser les mesures envisagées. L’université n’a pas révélé l’identité de Jeffrey George Ewert dans ses communications publiques, mais son avocate, Me Nora Demnati, a confirmé qu’il n’a pas remis les pieds sur le campus depuis le 6 octobre.

