La dinde coûtera plus cher cette année à l’Action de grâce
Le coût d’un repas de dinde pour quatre personnes grimpera à 35,72$, soit une hausse de 10% par rapport à l’an dernier..
Le repas traditionnel de l’Action de grâce (fête canadienne célébrée en octobre) coûtera plus cher cette année aux Canadiens. Selon une étude du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, un repas pour quatre personnes passera de 32,48 $ en 2025 à 35,72 $ en 2026, soit une hausse de 10 %. Ce repas inclut une dinde rôtie et ses accompagnements : pommes de terre, carottes, petits pains, tarte à la citrouille, canneberges, farce et sauce. Cette augmentation s’ajoute à une stabilité relative entre 2024 et 2025, où le coût n’avait progressé que de 18 cents (de 32,30 $ à 32,48 $).
La dinde est le principal responsable de la hausse du coût du repas. Son prix est passé de 10,43 $ à 12,53 $ entre 2025 et 2026, soit une augmentation de 2,10 $. Les légumes comme les carottes contribuent également à cette hausse. Même en remplaçant la dinde par d’autres plats traditionnels, le coût reste élevé : un repas à base de jambon coûtera 36,37 $ (+4,3 %), l’agneau 80,47 $ (+3,5 %) et le homard 88,14 $ (+3,4 %). Ces alternatives sont donc plus chères que la dinde, mais leur prix augmente aussi.
Plusieurs facteurs expliquent la hausse du prix de la dinde. D’abord, l’inflation générale dans les épiceries a joué un rôle. Ensuite, la production de volaille a rencontré des difficultés récentes : la demande a fortement augmenté, notamment parce que le prix du bœuf a explosé, ce qui n’avait pas été anticipé. Les producteurs de volaille, comme les Transformateurs de volailles et d’œufs du Canada (TVOC) et les Éleveurs de volailles du Québec (EVQ), pointent aussi la hausse du coût de l’alimentation animale (maïs, soya) et celle de l’énergie. Par exemple, le prix du diesel a fortement augmenté en raison de la guerre en Iran, ce qui a renchéri les frais de transport et de chauffage des élevages.
Une fois la dinde produite, d’autres coûts s’ajoutent avant qu’elle n’arrive dans l’assiette des consommateurs. Ces coûts proviennent du transport, de la transformation de la volaille en produit prêt à cuisiner, et de la main-d’œuvre nécessaire à chaque étape. Chaque maillon de cette chaîne d’approvisionnement (de la ferme à l’épicerie) contribue à faire grimper le prix final. Par exemple, chauffer un dindon pour le maintenir en vie avant l’abattage demande beaucoup d’énergie, ce qui alourdit la facture.
Pour limiter l’impact de cette hausse, Sylvain Charlebois, directeur du laboratoire de l’Université Dalhousie, suggère aux consommateurs de surveiller les circulaires (publicités des supermarchés) et les offres en ligne dans les jours précédant l’Action de grâce. Ces documents annoncent souvent des promotions ou des rabais qui ne sont pas forcément annoncés à l’avance. Certains magasins proposent aussi des réductions directement en rayon, sans communication préalable. Ces astuces peuvent permettre de réduire la facture du repas sans renoncer à la tradition.
L’Action de grâce est une période clé pour les producteurs de dinde, notamment au Québec. En 2025, 15 % des ventes annuelles de dindons étaient réalisées pendant cette fête, contre 11 % en 2024 et 9 % en 2023. Noël reste cependant le moment le plus important, avec environ 30 % des ventes annuelles. Benoît Fontaine, président de l’EVQ, souligne que les Québécois associent la dinde rôti aux moments de rassemblement familial. Il note aussi un regain d’intérêt pour cette tradition, notamment chez les jeunes générations. À l’échelle canadienne, l’Action de grâce représente 30 % des ventes annuelles de dindons, une fête plus ancrée dans la culture anglophone.
Malgré l’importance de l’Action de grâce pour les ventes de dinde, la consommation de dindes entières est en baisse ces dernières années. Nicolas Paillat, directeur du secteur transformation primaire poulet et dindon du TVOC, explique cette tendance par des **changements démographiques**, comme la réduction de la taille des familles. Une partie croissante de la population ne considère plus la dinde comme un plat traditionnel pour cette fête ou pour Noël. Ces évolutions reflètent des transformations dans les modes de vie et les préférences alimentaires des Canadiens.

