Pétrole : les exportations du Moyen-Orient sont au plus haut, les prix du brut aussi
Malgré les attaques iraniennes dans le détroit d’Ormuz, les pays du Golfe ont réussi ces derniers jours à exporter plus d’or noir qu’avant la guerre. Mais les coûts de transport, qui ont explosé, sont répercutés sur les prix à la pompe, explique “The Wall Street Journal”..
Les pays du Moyen-Orient exportent actuellement plus de pétrole qu’avant le début de la guerre en Iran, en février 2026. Selon les données de Kpler, un spécialiste des flux de matières premières, les exportations de pétrole dans la région du Golfe ont atteint en moyenne plus de 24 millions de barils par jour la semaine du 18 octobre 2026. Avant la guerre, cette moyenne était de 23,3 millions de barils par jour. Ce volume record marque un tournant dans la capacité des pays du Golfe à maintenir leurs exportations malgré les tensions géopolitiques, notamment les attaques iraniennes dans le détroit d’Ormuz, un point stratégique pour le transport du pétrole.
Le détroit d’Ormuz est un passage maritime situé entre l’Iran et Oman, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. C’est le principal point de passage énergétique mondial, reliant le golfe Persique à la mer d’Oman. Depuis le début de la guerre en Iran, les attaques répétées de drones et de missiles iraniens ont rendu ce détroit dangereux pour les navires pétroliers. Pour contourner ce risque, les compagnies pétrolières utilisent désormais des navires plus anciens pour des trajets courts entre le golfe Persique et Oman, où le pétrole est transféré sur d’autres navires pour poursuivre son voyage.
Face aux dangers du détroit d’Ormuz, les pays du Golfe ont massivement recours à des oléoducs pour exporter leur pétrole. En septembre 2026, environ 40 % du pétrole brut non iranien expédié hors du golfe Persique contournait le détroit d’Ormuz, contre seulement 17 % avant la guerre. Ces oléoducs, qui traversent l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, permettent d’éviter les risques liés aux attaques iraniennes et de maintenir les exportations à un niveau élevé.
Malgré l’augmentation des exportations, le prix du baril de pétrole reste élevé. Le 20 octobre 2026, le baril de Brent (une référence mondiale pour le prix du pétrole) s’élevait à 108 dollars, contre environ 70 dollars en février 2026. Cette hausse s’explique principalement par l’augmentation des coûts de transport. Les primes d’assurance pour les navires pétroliers ont explosé, passant de moins de 3 % de la valeur d’une cargaison à 10 %. Les salaires des équipages ont également fortement augmenté, atteignant jusqu’à 25 000 dollars pour un aller-retour dans le détroit d’Ormuz, une traversée qui dure généralement une à deux semaines.
Malgré les coûts élevés, les compagnies pétrolières continuent d’exporter du pétrole depuis le Moyen-Orient car les profits restent attractifs. Selon *Homayoun Falakshahi* de *Kpler*, les négociants peuvent gagner environ 20 dollars de plus par baril en revendant du pétrole irakien, soit environ 40 millions de dollars par cargaison. Pour les armateurs, l’utilisation de vieux navires-citernes, bien que risquée, permet d’amortir leur coût en seulement trois voyages. Ces profits justifient les risques encourus pour traverser les zones dangereuses.

