Corée du Sud : les athlètes médaillés vont-ils échapper encore longtemps au service militaire ?
La Corée du Sud a remporté une belle moisson de médailles aux Jeux asiatiques, qui se sont terminés dimanche 4 octobre. Pour certains jeunes athlètes, une médaille d’or est surtout l’assurance d’échapper au service militaire.
La Corée du Sud a remporté plusieurs médailles d’or aux Jeux asiatiques d’Aichi-Nagoya, qui se sont terminés le 4 octobre 2026. Pour certains athlètes sud-coréens, ces victoires leur offrent une exemption du service militaire obligatoire, un régime de faveur qui existe depuis plusieurs années. Cette exemption est accordée aux sportifs ayant obtenu une médaille d’or dans des compétitions internationales reconnues, comme les Jeux asiatiques. Cependant, cette pratique suscite des débats dans le pays, car elle est perçue par certains comme une injustice, notamment lorsque les performances sportives sont jugées insuffisantes ou trop faciles, comme lors de la victoire en baseball contre des joueurs japonais amateurs.
La polémique a pris de l’ampleur après les déclarations de certains athlètes, notamment des footballeurs, qui ont exprimé publiquement leur joie d’échapper au service militaire grâce à leurs médailles. Par exemple, un joueur a déclaré : « Je n’irai pas à l’armée ! », tandis qu’un autre a affirmé avoir joué en pensant uniquement à cette exemption. Ces propos ont provoqué l’indignation de nombreux Sud-Coréens, qui remettent en cause la légitimité de ces exemptions. Des médias locaux comme le Joongang Ilbo et le Hankook Ilbo ont souligné les interrogations sur la valeur réelle de ces performances sportives, notamment lorsque les adversaires sont perçus comme moins compétitifs.
En Corée du Sud, le service militaire est obligatoire pour tous les hommes âgés de 18 à 35 ans et dure généralement 18 à 21 mois. Ce service est une institution centrale dans la société sud-coréenne, liée à la tension avec la Corée du Nord et à la nécessité de maintenir une armée forte. Cependant, des exemptions existent pour des raisons médicales, religieuses ou, dans le cas des athlètes, sportives. Ces exemptions sont accordées par l’État et peuvent être accordées pour des performances exceptionnelles dans des compétitions internationales, comme les Jeux olympiques ou les Jeux asiatiques.
Le débat porte sur l’équité de ce régime d’exemption, qui avantagerait une minorité de sportifs au détriment des autres jeunes Sud-Coréens. Certains estiment que ces exemptions ne sont pas justifiées, surtout lorsque les performances sportives sont perçues comme peu exigeantes ou lorsque les adversaires ne sont pas de haut niveau. Le capitaine de l’équipe de baseball a même minimisé les critiques sur le niveau de jeu, déclarant que « le plus important était de remporter l’or, peu importe la manière ». Cette affaire relance donc la question de la réforme de ce système, qui pourrait être perçu comme une inégalité dans un pays où le service militaire est une obligation pour tous.
Les déclarations des athlètes et les réactions du public ont attiré l’attention des médias et des responsables politiques. Certains Sud-Coréens appellent à une révision des critères d’exemption, tandis que d’autres défendent le système actuel, arguant que les performances sportives internationales contribuent à la fierté nationale. Les médias locaux, comme l’agence de presse *Yonhap*, ont relayé ces débats, soulignant la division de l’opinion publique. Cette polémique intervient dans un contexte où la Corée du Sud cherche à concilier ses ambitions sportives avec les valeurs d’égalité et de devoir civique.

