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De l’ingérence étrangère dans l’élection québécoise? Possible, croit lan Lafrenière

ICI Radio-Canada · mis à jour 9 sept.

Ian Lafrenière a demandé la cote de sécurité la plus élevée pour partager des renseignements sur l'ingérence..

Surveillance accrue élections

Ian Lafrenière, ministre sortant de la Sécurité intérieure du Québec, indique que les autorités ont renforcé leur surveillance face à d’éventuelles tentatives d’ingérence étrangère lors des élections québécoises. Cette vigilance s’explique par l’entrée en période préélectorale et électorale, un contexte où les risques de manipulation ou de pression extérieure sont plus élevés. Lafrenière précise que cette surveillance a été intensifiée au cours des derniers mois, sans pour autant qu’aucune preuve concrète d’ingérence n’ait été détectée à ce jour. Il souligne que cette préparation repose sur l’expérience d’autres nations ayant déjà subi des tentatives similaires, bien qu’aucune ne soit avérée au Québec pour l’instant.

Cote sécurité élevée

Pour accéder à des renseignements sensibles liés à une potentielle ingérence étrangère ou à des menaces criminalisées, Ian Lafrenière a demandé une cote de sécurité très élevée. Cette cote est un niveau d’habilitation requis pour consulter des informations classifiées, c’est-à-dire des données confidentielles partagées entre partenaires fédéraux et provinciaux. Sans cette cote, le ministre ne peut pas être informé des menaces détectées, même s’il en est directement concerné. Lafrenière avait déjà cette cote lorsqu’il était policier au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ou dans les Forces armées, mais il doit la renouveler pour s’adapter aux nouvelles exigences. Le processus d’obtention, mené par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), peut prendre plusieurs mois, même pour un renouvellement.

Menaces économiques prioritaires

Ian Lafrenière explique que les tentatives d’ingérence au Québec visent principalement des objectifs économiques plutôt que politiques. Il cite en exemple des attaques quotidiennes sous forme de phishing (hameçonnage), des courriels malicieux envoyés pour voler des informations sensibles ou perturber des systèmes. Bien que ces tentatives ne ciblent pas directement le système électoral pour l’instant, le ministre souligne que des organisations criminelles ou des acteurs étrangers pourraient s’en prendre à l’économie québécoise pour influencer indirectement le choix des électeurs. Il insiste sur le fait que ces menaces sont prises au sérieux et que des systèmes de partage d’informations entre les forces de l’ordre, les contrôleurs routiers et même les agents de la faune sont mis en place pour les contrer.

Partage limité sans cote

Ian Lafrenière illustre les limites imposées par l’absence de sa cote de sécurité en racontant une anecdote avec un collègue vice-premier ministre d’une autre province. Lors d’un échange, ce dernier a refusé de partager une information sensible parce que Lafrenière ne possédait pas encore sa nouvelle cote. Cette situation met en lumière l’importance cruciale de ce sésame pour accéder aux données classifiées, même entre hauts responsables gouvernementaux. Lafrenière confirme que d’autres ministres du gouvernement Fréchette ont également fait la demande pour obtenir cette cote, mais il ne précise pas combien ni s’ils l’ont obtenue. Ce système vise à garantir que seules les personnes habilitées puissent accéder à des informations pouvant impacter la sécurité nationale ou provinciale.

Ce que ça pourrait changer

L’article s’inscrit dans un contexte où la question de l’*ingérence étrangère* dans les processus démocratiques est un sujet de préoccupation croissant au Canada. Une enquête publique est en cours pour évaluer l’ampleur de ces menaces, et un *registre des activités d’influence étrangère* est entré en vigueur récemment pour mieux les tracer. Bien que la commissaire chargée de ces dossiers ait déjà conclu que l’ingérence étrangère n’avait pas influencé les élections passées, Lafrenière rappelle que la vigilance reste de mise. Il insiste sur le fait que le Québec, comme d’autres régions, doit être prêt à faire face à des tentatives, qu’elles viennent d’États étrangers ou de groupes criminels internationaux, sans pour autant céder à la paranoïa.

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