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Grâce à une simple odeur, la reine des rats-taupes nus maintient toutes les autres femelles de la colonie stériles

Science & Vie · mis à jour il y a 16 j

Dans une colonie de rats-taupes nus, une seule femelle met bas et toutes les autres restent bloquées. Les chercheurs cherchaient depuis des décennies ce qui les empêchait de se reproduire.

La reine des rats-taupes

Les rats-taupes nus (Heterocephalus glaber) sont des rongeurs souterrains vivant en colonies organisées de manière très hiérarchisée, où une seule femelle, appelée la reine, domine les autres. Cette reine est la seule à se reproduire dans la colonie, tandis que les autres femelles restent stériles. Les scientifiques ont découvert que cette organisation repose en grande partie sur un mécanisme olfactif, c’est-à-dire lié à l’odorat. La reine émet une odeur spécifique, une phéromone, qui agit comme un signal chimique pour inhiber la reproduction des autres femelles. Ce phénomène illustre un exemple extrême de suppression de la reproduction par un individu dominant dans un groupe social.

Le rôle des phéromones

Une phéromone est une molécule chimique produite par un individu et libérée dans l’environnement, qui influence le comportement ou la physiologie d’autres individus de la même espèce. Dans le cas des rats-taupes nus, la reine produit une phéromone qui, une fois inhalée par les autres femelles, bloque leur capacité à ovuler. Ce mécanisme est comparable à une forme de contraception chimique naturelle. Les chercheurs estiment que cette phéromone agit en modifiant l’activité de certains gènes ou en perturbant le système hormonal des femelles subordonnées. Ce système permet à la reine de conserver son statut reproductif exclusif, assurant ainsi la stabilité de la colonie.

Une colonie ultra-organisée

Les colonies de rats-taupes nus comptent généralement entre 70 et 300 individus, avec une structure sociale très stricte. La reine, qui peut vivre jusqu’à 30 ans (contre 2 à 3 ans pour les autres individus), est la seule à donner naissance à des petits. Les autres femelles, bien que stériles, participent aux tâches collectives comme la recherche de nourriture ou l’entretien du nid. Cette organisation rappelle celle des insectes sociaux comme les fourmis ou les abeilles, mais elle est rare chez les mammifères. Les scientifiques étudient ce modèle pour mieux comprendre les mécanismes de régulation sociale et reproductive dans les groupes animaux.

Ce que ça pourrait changer

La découverte de ce mécanisme olfactif pourrait avoir des implications en biologie et en médecine. Par exemple, elle ouvre des pistes pour étudier les *voies de signalisation chimique* impliquées dans la régulation de la fertilité chez les mammifères, y compris les humains. Les chercheurs envisagent d’identifier la structure exacte de la phéromone produite par la reine, ce qui pourrait permettre de développer des molécules synthétiques capables de bloquer ou d’activer des fonctions reproductives. À plus long terme, ces travaux pourraient contribuer à la recherche sur les *traitements contre l’infertilité* ou les *méthodes contraceptives alternatives*.

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