« Roi de la crypto » : Aiden Pleterski n’aurait jamais investi l’argent de ses clients
Aiden Pleterski, 27 ans, est poursuivi pour fraude et blanchiment des produits de la criminalité à Toronto..
Aiden Pleterski, surnommé le « roi de la crypto » à Toronto, est accusé de fraude et de blanchiment d’argent pour avoir détourné environ 36,3 millions de dollars canadiens (36 322 116,17 $) entre janvier 2020 et août 2022. Il promettait à ses investisseurs de placer leur argent dans des cryptomonnaies ou des devises étrangères via une entreprise appelée FXChoice, située au Belize. Cependant, la Couronne a démontré grâce à des relevés bancaires et à l’expertise d’un comptable judiciaire que ces fonds n’ont jamais été investis comme promis. À la place, Pleterski aurait utilisé cet argent pour financer un train de vie luxueux, rembourser ses dettes et subvenir à ses besoins personnels. Le procès se déroule en Ontario, au Canada, où il est jugé sans avocat.
Pour prouver ses accusations, la Couronne a fait appel à Albert Ciorma, un expert-comptable judiciaire de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario. Ce dernier a analysé des milliers de relevés bancaires, transactions et soldes de cartes de crédit couvrant la période de janvier 2020 à août 2022. Son travail a consisté à reconstituer une chronologie précise des entrées et sorties d’argent, en identifiant les montants versés par les investisseurs, les retraits, les paiements et les dépenses de Pleterski. Les documents analysés incluent des contrats signés par les investisseurs, des relevés de comptes et des factures de dépenses somptuaires. Ciorma a confirmé que les 36,3 millions de dollars ne provenaient pas de FXChoice ni d’autres plateformes d’investissement, mais bien des fonds des clients.
Pleterski séduisait les investisseurs en se présentant comme un génie des finances, capable de générer des profits élevés grâce à des placements dans des cryptomonnaies et des devises étrangères. Il leur promettait des rendements de 1 à 5 % par semaine et leur offrait de conserver 30 % de leurs avoirs en cas de retrait. Certains investisseurs ont même cru qu’il disposait de réserves dépassant 300 millions de dollars pour protéger leurs capitaux. En réalité, son fonds de commerce était bien plus modeste, entre 30 et 50 millions de dollars. La plupart des investisseurs ont tout perdu, tandis que les plus chanceux n’ont récupéré qu’une infime partie de leur mise initiale. Un ancien associé, Mitchell Learning, a révélé en 2022 que Pleterski lui avait menti sur l’existence d’un solde de 311 millions de dollars dans un compte de FXChoice.
Les relevés bancaires révèlent que Pleterski a utilisé les fonds de ses investisseurs pour financer un mode de vie extrêmement luxueux. Entre autres dépenses, il a acheté des voitures de luxe pour un total de 5 625 458,88 $, incluant une McLaren, une Audi et un Range Rover. Il a également dépensé 870 000 $ en voyages en avion privé au Canada, aux États-Unis et dans les Antilles, ainsi que 498 206 $ en systèmes de sécurité pour protéger ses biens. D’autres dépenses incluent des vêtements de luxe chez Christian Dior ou Burberry, bien que leur nature exacte n’ait pas été précisée. Parallèlement, il a contracté des dettes de crédit s’élevant à près de 5 millions de dollars en 2020 et a emprunté 609 000 $ en avances en espèces auprès de sa compagnie de crédit. Ces dépenses contrastent avec les petits montants dépensés pour ses achats quotidiens, comme des cafés chez Starbucks ou des courses chez Walmart.
Contrairement à ce qu’il affirmait, Pleterski n’a pas investi l’argent de ses clients dans des cryptomonnaies ou des devises étrangères. Les relevés montrent qu’il a bien placé 113 000 $ dans différentes plateformes d’échange comme Simplex (un processeur de paiements en cryptomonnaies) ou Vantage FX, mais ces investissements se sont soldés par une perte nette de 109 000 $. En effet, il n’a récupéré que 4 000 $ de ces placements. De plus, les parents de Pleterski lui ont également versé d’importantes sommes d’argent, qu’il a utilisées pour ses activités financières et ses dépenses personnelles. Ces fonds ne provenaient pas non plus de FXChoice, confirmant ainsi que l’accusé a systématiquement détourné l’argent de ses investisseurs pour des usages personnels.
Le procès d’Aiden Pleterski se déroule à la *Cour supérieure de justice de l’Ontario*, à Toronto. Il est accusé de fraude et de blanchiment d’argent, des chefs d’accusation passibles de lourdes peines au Canada. Pleterski se défend sans avocat, ce qui a conduit le juge Shaun Nakatsuru à soulever des objections pour protéger ses droits. La Couronne s’appuie sur des preuves comptables et des témoignages pour étayer ses accusations. Parmi les éléments clés, on retrouve les déclarations de l’ex-associé Mitchell Learning, qui a révélé les mensonges de Pleterski sur les fonds de *FXChoice*, ainsi que les analyses de l’expert-comptable Albert Ciorma. Le procès en est à son septième jour, et les audiences devraient se poursuivre pour déterminer la culpabilité ou l’innocence de l’accusé.

