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Bruxelles impose à Google d’ouvrir Android aux assistants IA et ses données de recherche

Next.ink · mis à jour il y a 21 j

Bruxelles fixe les nouvelles règles que devra respecter Google en vertu du règlement sur les marchés numériques (DMA). Au menu : d’importants changements pour ouvrir Android aux assistants IA et aux moteurs de recherche rivaux.

Nouvelle réglementation européenne

La Commission européenne impose à Google de nouvelles règles dans le cadre du règlement sur les marchés numériques (DMA), entré en vigueur pour encadrer les géants du numérique. Ces obligations visent à favoriser la concurrence en Europe, notamment sur deux marchés dominés par Google : les moteurs de recherche en ligne et les assistants d’intelligence artificielle (IA) intégrés à Android. La vice-présidente de la Commission, Henna Virkkunen, explique que l’objectif est de soutenir l’innovation et la diversité en offrant aux utilisateurs européens un choix plus large de services. Ces règles ne constituent pas une sanction, mais une adaptation des pratiques de Google pour se conformer au DMA, après une enquête lancée en janvier 2025.

Partage des données de recherche

À partir de janvier 2026, Google devra partager une partie de ses données de recherche avec les moteurs rivaux comme Qwant ou Ecosia, ainsi qu’avec les chatbots et agents IA intégrant une fonction de recherche. Ces données incluent les requêtes des utilisateurs, les clics et autres signaux de comportement. Actuellement, Google détient 90 % du marché européen de la recherche en ligne, ce qui lui donne un avantage concurrentiel majeur. Les données seront anonymisées à plusieurs niveaux pour protéger la vie privée, mais des débats persistent sur leur sécurité. Google pourra facturer cet accès selon une formule « équitable », mais ne pourra pas l’utiliser pour améliorer des services non liés à la recherche, comme la publicité ciblée. Les demandeurs devront respecter le RGPD et prouver leur fiabilité.

Ouverture d'Android aux assistants IA

Google devra également ouvrir Android à des assistants IA concurrents, comme ceux de Microsoft ou d’Amazon, en leur donnant accès à 11 fonctions clés du système d’exploitation. Parmi ces fonctions, on trouve l’activation vocale des assistants, l’automatisation de tâches (comme la rédaction d’un email ou la commande d’un repas), ou encore la réception de suggestions personnalisées dans les applications. Ces changements seront intégrés progressivement : la plupart des fonctions devront être disponibles avec Android 18, prévue pour 2027, tandis que l’activation vocale ne sera obligatoire qu’avec Android 19, au plus tard en août 2028. Google critique cette décision, estimant qu’elle pourrait compromettre la sécurité et la confidentialité des utilisateurs européens.

Objectifs et enjeux pour les utilisateurs

La Commission européenne espère que ces mesures permettront aux utilisateurs de bénéficier d’une offre plus diversifiée, en privilégiant des services axés sur la protection de la vie privée, la durabilité ou l’intégration de l’IA. Par exemple, les moteurs de recherche rivaux pourront améliorer leurs algorithmes grâce aux données partagées par Google, offrant ainsi des résultats plus pertinents ou des fonctionnalités innovantes comme la saisie semi-automatique. Cependant, des risques persistent, notamment en matière de protection des données personnelles. Google a déjà mis en place des garde-fous, mais des tests ont montré que l’anonymisation des données pouvait être contournée, révélant des informations sensibles sur les utilisateurs.

Ce que ça pourrait changer

Google a réagi en soulignant les risques potentiels pour la sécurité et la confidentialité des utilisateurs européens. Kent Walker, directeur juridique de l’entreprise, a déclaré que ces décisions pourraient affaiblir des garde-fous essentiels, notamment en accordant des autorisations étendues à des applications externes. La Commission a répondu en insistant sur la nécessité de garantir un accès équitable et sécurisé, tout en limitant les risques de fuites ou d’utilisations abusives des données. Les défis techniques sont importants, notamment pour concilier ouverture du marché et protection des données, avec des échéances précises pour la mise en œuvre des nouvelles règles.

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