Gorillaz au Centre Bell, entre grooves festifs et recueillement
Une tendre soirée musicale, rondement menée par Damon Albarn, sans temps morts mais ni grands moments d’extase..
Le groupe Gorillaz, projet musical créé par le Britannique Damon Albarn (leader du groupe Blur) et l'illustrateur Jamie Hewlett, a célébré ses 25 ans d'existence lors d'un concert au Centre Bell de Montréal le 3 octobre 2026. Gorillaz se distingue par son approche visuelle et musicale unique, mêlant rock, pop, dub, hip-hop et des collaborations avec des artistes invités. Leur premier album est sorti en 2001, et depuis, le groupe a enchaîné les succès. Le concert montréalaise a marqué leur retour au Centre Bell après quatre ans d'absence, avec une affluence record et une programmation variée incluant des titres anciens et récents.
Damon Albarn, chanteur et compositeur de Gorillaz, a assuré une prestation vocale solide lors du concert. Contrairement à ses habitudes lors de tournées précédentes, il a peu parlé au public, laissant la musique s'exprimer seule. Il a tout de même interagi avec les fans en français, en serrant des mains et en embrassant certains spectateurs. Albarn a également dédicacé un vinyle du classique Parklife (1994) de Blur, son ancien groupe. Son énergie sur scène a été saluée, malgré une communication plus discrète que lors de précédentes tournées comme Escape To Plastic Beach (2010) ou The Now Now (2018), où il abordait des thèmes engagés.
Le concert s'est articulé autour de l'album The Mountain, sorti en février 2026, qui aborde des thèmes profonds comme la mort et la résurrection, avec des influences musicales indiennes. La chanson Andromeda, tirée de cet album, rend hommage à la belle-mère décédée de Damon Albarn et invite à trouver l'espoir malgré les épreuves. L'introduction du concert a d'ailleurs mis en avant des instruments indiens comme la flûte bansuri et les tablas, des percussions traditionnelles. Cette dimension musicale a été intégrée tout au long de la soirée, bien que certains fans aient espéré une présence plus marquée de ces influences.
Le concert a proposé un mélange de titres anciens et récents, reflétant la diversité stylistique de Gorillaz. Damon Albarn a interprété des morceaux comme The Happy Dictator, Tranz, Last Living Souls (2005) et 19-2000 (2001), appréciés des fans. Le groupe a également intégré des influences dub et hip-hop, avec des performances marquantes de l'artiste montréalais Kid Koala aux scratches (technique de manipulation de disques vinyle pour créer des effets sonores). Une séquence plus douce a suivi, avec On Melancoly Hill et Orange County (2026), mettant en valeur les nouvelles orchestrations de la tournée.
Le concert a été enrichi par la présence d'artistes invités, un élément clé des performances de Gorillaz. Le Jamaïcain Popcaan a marqué la soirée en interprétant Saturnz Barz, tandis que la chanteuse britannique Little Simz a brillé sur Garage Palace. Le MC Bootie Brown, collaborateur historique du groupe, a participé à Stylo et Dirty Harry. Le Montréalais Kid Koala a apporté sa touche de scratches et Del the Funky Homosapien a rejoint l'orchestre pour Rock the House. Ces collaborations ont contribué à la dynamique du concert, rappelant la diversité des influences musicales du groupe.
Le concert s'est déroulé sans temps morts, avec une énergie constante et une salle comble au Centre Bell. Malgré l'absence de grands moments d'extase, la finale a été saluée pour son intensité, avec des titres comme *Rock the House*, *Dirty Harry*, *Feel Good Inc.* (avec Posdnuos de De La Soul) et *Clint Eastwood* en clôture. Damon Albarn a dirigé la première partie du spectacle, puis a cédé la place à l'orchestre pour une fin de concert collective. L'ambiance générale a été décrite comme tendre et mélancolique, reflétant les thèmes de l'album *The Mountain*.

