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Géopolitique

La mort a emmené Catherine Ringer, qui me fera danser jusqu’à la mienne

Courrier International · mis à jour il y a 4 j

Au lendemain de la disparition de la voix des mythiques Rita Mitsouko, cette journaliste de “La Presse” confie sa grande tristesse devant la disparition d’une idole de jeunesse. Mais appelle aussi à ne pas s’enfermer dans la nostalgie, pour honorer et suivre l’exemple de celle qui “incarnait l’audace, la liberté, la flamboyance et la rébellion”.

Disparition d'une icône

Catherine Ringer, cofondatrice et chanteuse emblématique du groupe Les Rita Mitsouko, est décédée en septembre 2026. Figure majeure de la musique française, elle était connue pour son énergie scénique, son style punk et son timbre vocal unique. Son décès a suscité une vive émotion, notamment au Québec où une journaliste de La Presse (quotidien francophone canadien fondé en 1884) lui rend hommage. Le groupe, actif depuis les années 1980, a marqué plusieurs générations avec des titres comme Marcia Baïla ou Andy, mêlant rock, pop et provocation. Catherine Ringer était aussi la compagne de Fred Chichin, membre du duo, décédé en 2007. Ensemble, ils formaient un couple artistique et personnel légendaire.

Héritage artistique

Les Rita Mitsouko ont révolutionné la chanson française en introduisant des textes audacieux et des mélanges musicaux innovants. Leur premier succès, Marcia Baïla (1984), rend hommage à Marcia Moretto, une danseuse argentine morte d’un cancer du sein à 36 ans en 1978. Le titre évoque avec poésie la mort et la maladie, sans jamais tomber dans le pathos. D’autres chansons comme Le Petit Train (1986) abordent des thèmes sombres (les wagons de déportation pendant la Seconde Guerre mondiale) tout en restant dansantes. Catherine Ringer incarnait une liberté artistique rare, refusant les étiquettes et assumant son passé, y compris des périodes difficiles comme son implication dans l’industrie pornographique dans sa jeunesse. Son parcours reflète une résilience face aux épreuves.

Style et personnalité

Catherine Ringer se distinguait par son look punk, son charisme et sa voix rauque, loin des standards des chanteuses de l’époque. Elle a marqué les esprits par ses tenues excentriques, ses mouvements de scène et son attitude rebelle. En 2024, elle a défié Emmanuel Macron en refusant de lui faire la bise après une interprétation provocante de La Marseillaise, célébrant l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution française. Son refus de la nostalgie, même après la mort de Fred Chichin, a montré son attachement à l’innovation. Dans une interview en 2023, elle expliquait : « Je suis contente d’avancer dans la vie, de goûter, de voir et d’entendre tout ce qu’il y a de nouveau. Ce n’est pas le passé qui me manque, c’est lui. »

Parcours personnel

Née en 1957, Catherine Ringer était la fille de Sam Ringer, survivant des camps nazis et peintre, et de Jeannine Ettlinger, architecte. Elle a quitté sa famille à l’adolescence pour vivre une vie bohème, marquée par des rencontres difficiles, dont une période dans la pornographie. Malgré les insultes de Serge Gainsbourg (qui l’a traitée de « pute » sur un plateau télé), elle a construit une carrière internationale. Avec Fred Chichin, elle a eu trois enfants, tous impliqués dans les arts. Leur duo artistique, à la fois complémentaire et fusionnel, a donné naissance à des albums cultes comme The No Comprendo (1986) ou Système D (1990). Leur relation, à la fois professionnelle et intime, a duré jusqu’à la mort de Chichin en 2007.

Ce que ça pourrait changer

La disparition de Catherine Ringer a provoqué une vague de réactions en France et à l’étranger. Emmanuel Macron a salué *« une artiste inclassable, irrévérencieuse, profondément française »*, soulignant son talent et son énergie. La journaliste québécoise Chantal Guy, auteure de l’article, exprime sa tristesse tout en refusant de s’enfermer dans la nostalgie. Elle rappelle que Catherine Ringer, malgré son passé douloureux, a toujours choisi de *« danser jusqu’à la fin »*, comme elle l’écrivait dans *Marcia Baïla*. Son héritage musical et son esprit de rébellion continuent d’inspirer, prouvant que son art transcende les époques et les frontières.

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