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Généraliste

De citoyens à consommateurs, ou quand la politique se réduit à une offre promotionnelle

Le Devoir · mis à jour 1 oct.

Le prochain gouvernement, pourtant, n’est ni un nouveau modèle de voiture ni un shampoing révolutionnaire..

Politique comme marketing

L’article souligne une tendance croissante où la politique est perçue comme une opération de marketing, similaire à la vente d’un produit. Les partis politiques, les candidats et les médias adoptent des stratégies de communication et de promotion pour attirer les électeurs, traités comme des consommateurs. Les partis achètent l’expertise de communicateurs et de psychologues du comportement pour influencer les choix électoraux. Cette approche réduit la politique à une simple offre promotionnelle, où les citoyens recherchent avant tout un bénéfice personnel immédiat, comme une réduction d’impôt ou une amélioration de leur situation. Le phénomène n’est pas nouveau, mais il s’amplifie, notamment à l’approche des élections. Les médias jouent un rôle central dans cette dynamique en couvrant la vie politique sous l’angle des stratégies, des coups d’éclat et des performances médiatiques, plutôt que des idées ou des projets de société.

Citoyens réduits à consommateurs

L’article explique que les citoyens, dans ce contexte, deviennent des consommateurs politiques. Leur rôle se limite à choisir parmi des offres électorales, comme on choisirait un produit en magasin. Cette réduction du citoyen à un consommateur est illustrée par des échanges lors d’un panel citoyen à Radio-Canada, où des électeurs expriment leur déception face à l’absence de propositions concrètes améliorant leur vie personnelle. Le terme wedge politics (ou « politique de la division ») est utilisé pour décrire une stratégie électorale qui exploite les divisions entre groupes d’électeurs sur des sujets controversés, comme l’immigration, afin d’obtenir un avantage électoral. Cette approche s’éloigne d’une vision collective de la politique, où les décisions devraient servir l’intérêt général plutôt que des intérêts individuels.

Médias et populisme

Les médias sont critiqués pour leur contribution à cette transformation de la politique. Plutôt que de mettre en lumière les débats d’idées ou les projets de société, ils se concentrent sur les stratégies, les performances médiatiques et les coups d’éclat des candidats. L’article cite des journalistes et chroniqueurs comme Michel David, Chantal Hébert et Michel C. Auger, reconnus pour leur analyse approfondie, mais note que leur influence diminue face à une couverture médiatique plus superficielle. Cette tendance favorise l’émergence de populistes, souvent ambitieux pour eux-mêmes, qui proposent des solutions simplistes à des problèmes complexes sans réelle réflexion. Le populisme, dans ce contexte, se manifeste par des discours polarisants et des promesses ciblant des groupes spécifiques d’électeurs.

Disparition des idéologies

L’article souligne que les idéologies politiques, autrefois centrales dans les débats, sont aujourd’hui suspectes ou diabolisées. Le néolibéralisme et le conservatisme dominent le paysage politique en opposant les électeurs sur des enjeux comme l’immigration, le logement ou l’accès aux services publics. Ces idéologies exploitent les divisions sociales pour gagner des soutiens électoraux, tout en marginalisant des enjeux globaux comme l’environnement, la souveraineté technologique ou les droits des Premières Nations. Le rejet des idéologies s’accompagne d’un discrédit jeté sur la connaissance politique, ce qui rend plus difficile pour les citoyens de comprendre et de décoder le discours des politiciens. Cette situation affaiblit la capacité des électeurs à voter de manière éclairée, en fonction de l’intérêt collectif plutôt que de leur intérêt individuel.

Ce que ça pourrait changer

L’article interroge le sens même de la politique dans la société québécoise actuelle. Il cite des auteurs comme Philippe Boudreau et Claude Perron, qui définissent le politique comme un espace de débat et de décision collective pour résoudre les problèmes communs. Pourtant, cette vision semble avoir disparu au profit d’une logique individualiste, où les électeurs votent en fonction de leur intérêt personnel. Les citoyens, réduits à des consommateurs, peinent à trouver un projet de société ou une vision collective dans les discours politiques. Cette crise du sens politique est renforcée par l’absence de grands rassemblements ou de débats d’idées, remplacés par des stratégies de communication et des promesses électoralistes. Le résultat est une démocratie affaiblie, où la participation citoyenne se limite à un acte de consommation plutôt qu’à un engagement collectif.

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