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Ils ont arrêté de fumer en vapotant, ils reprennent maintenant la cigarette pour arrêter de vapoter : mais pourquoi ?

Presse-Citron · mis à jour 4 oct.

Ils avaient arrêté de fumer grâce à la cigarette électronique. Aujourd’hui, ils reprennent le tabac pour se débarrasser de la vape.

Retour à la cigarette

Une enquête menée en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni révèle que 14 % des anciens fumeurs en Nouvelle-Zélande et 19 % au Royaume-Uni ont repris la cigarette classique pour arrêter de vapoter. Cette tendance, bien que surprenante, s’explique par un mélange de facteurs culturels et de malentendus sur les risques respectifs des deux produits. Les spécialistes s’inquiètent de cette situation, car elle pourrait avoir des conséquences négatives sur la santé des fumeurs. Ben Youdan, directeur de l’association Action on Smoking and Health (ASH), souligne que cette pratique est liée à une désinformation persistante sur les dangers réels de la cigarette électronique comparés à ceux du tabac.

Influence des séries et publicités

Les séries télévisées populaires, comme Euphoria, et les publicités mettant en scène des célébrités fumant des cigarettes contribuent à redonner un certain prestige à la cigarette classique. Cette exposition médiatique, surtout auprès des jeunes, peut influencer les comportements et inciter certains ex-fumeurs à revenir vers le tabac. Pourtant, les données montrent que l’usage du tabac chez les collégiens et lycéens est en baisse, passant de 8,1 % à 7,2 % entre 2025 et 2026 aux États-Unis. Chez les adultes, la proportion de fumeurs est passée de 42,4 % en 1965 à 9,1 % en 2025, tandis que 7 % d’entre eux utilisent la cigarette électronique.

Risques mal compris de la vape

Une étude publiée en mars 2026 par des chercheurs du UT Southwestern Medical Center révèle que 30 % des Américains considèrent désormais la cigarette électronique comme plus dangereuse que la cigarette classique, contre seulement 3 % en 2012. À l’inverse, seuls 17 % la jugeaient moins nocive en 2022, contre 51 % dix ans plus tôt. Cette perception erronée des risques est en partie attribuée aux campagnes de prévention qui ont souvent confondu les dangers du tabac et de la vape. Pourtant, le tabac cause environ 480 000 décès par an aux États-Unis, soit un décès sur cinq, en provoquant des cancers du poumon, des maladies cardiaques et des AVC. La cigarette électronique, bien que non sans risque, n’a pas démontré des dangers comparables.

Rôle des autorités sanitaires

Michael Siegel, professeur de santé publique à l’université Tufts, critique les pouvoirs publics pour avoir trop insisté sur les dangers de la vape sans suffisamment les distinguer de ceux du tabac. Il estime que cette approche a semé la confusion et poussé certains fumeurs à abandonner un outil de réduction des risques. Siegel plaide pour une information plus claire et accessible sur les différences de dangerosité entre les deux produits, notamment via les autorisations de la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis. Il recommande également des messages adaptés aux adolescents pour éviter qu’ils ne perçoivent la vape comme une alternative sans risque.

Contexte français et réglementation

En France, la cigarette électronique est officiellement présentée comme un outil de sevrage tabagique par certains tabacologues, bien que son usage chez les jeunes soit critiqué. Le gouvernement a pris des mesures strictes, comme l’interdiction des puffs jetables en 2025, pour limiter l’attrait des jeunes pour ces produits. Cette approche contraste avec celle d’autres pays, où la prévention contre la vape a parfois été plus marquée que contre le tabac. Les experts soulignent l’importance d’une réglementation équilibrée, qui protège les jeunes tout en offrant aux fumeurs adultes une alternative moins nocive.

Ce que ça pourrait changer

Les campagnes de prévention comme *The Real Cost*, initialement lancées contre le tabac, ont été étendues à la cigarette électronique pour décourager son usage chez les jeunes. Selon la FDA, cette campagne aurait empêché plus de 444 000 adolescents américains de commencer à vapoter entre 2023 et 2024. Cependant, Michael Siegel insiste sur la nécessité de cibler aussi les fumeurs adultes en leur fournissant des informations précises sur les risques comparés du tabac et de la vape. L’objectif est d’éviter que ces derniers ne renoncent à un changement bénéfique pour leur santé par méconnaissance ou par confusion.

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