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Géopolitique

Je n’arrête pas de ghoster mes amis, j’ai décidé de me faire aider

Courrier International · mis à jour il y a 1 j

Dans les pages du magazine de la “Süddeutsche Zeitung”, cette journaliste raconte avoir d’énormes difficultés à répondre aux messages de ses amis. L’angoisse vire à la paralysie au fur et à mesure que le délai de réponse s’allonge.

Le ghosting amical

Le ghosting désigne le fait de couper tout contact avec une personne sans explication, comme si on disparaissait soudainement. Dans le contexte de l'article, il s'agit d'une journaliste allemande qui ne répond plus aux messages de ses amis, parfois pendant des mois, sans donner de raisons. Ce phénomène est souvent lié à l'utilisation des messageries instantanées comme WhatsApp, où les attentes de réactivité sont élevées. La liste de noms dans son application Notes symbolise cette culpabilité grandissante : elle y consigne les amis qu'elle a ignorés, mais ne parvient pas à leur écrire. Cette pratique, bien que courante dans les relations numériques, génère une angoisse persistante chez l'auteure, qui craint la rupture définitive de ces liens.

L'impact psychologique

La journaliste décrit une paralysie progressive face à ses messages non répondus. Chaque jour qui passe intensifie sa culpabilité et son anxiété, au point de provoquer des réactions physiques comme des douleurs au ventre. Elle imagine ses amis furieux, se demandant pourquoi elle ne donne plus de nouvelles, et craint une prise de distance définitive. Cette situation illustre le poids des normes sociales contemporaines, où l'hyperconnectivité impose une disponibilité permanente. L'auteure évoque aussi la honte associée à cette incapacité à communiquer, qui l'éloigne encore davantage de ses relations. Pour elle, cette spirale est devenue ingérable au quotidien.

Le cas de Marc

Parmi les amis ignorés, Marc occupe une place centrale dans le récit. Rencontré lors d'un échange universitaire au Mexique, leur amitié s'est poursuivie à Berlin, où ils se voyaient régulièrement. Après le départ de la journaliste, ils maintenaient un contact régulier par messages et appels, jusqu'à ce que les échanges cessent brutalement. Pendant quinze mois, Marc n'a reçu aucune réponse, malgré ses tentatives de relance. Ce cas concret montre comment le ghosting peut s'installer dans une relation durable, transformant une amitié solide en une source de stress et de regret. La journaliste souligne que cette situation n'est pas due à un manque d'affection, mais à une incapacité à gérer les attentes de réactivité.

La solution : consulter

Face à cette souffrance, la journaliste a décidé de consulter une psychologue. Cette professionnelle l'a rassurée en lui expliquant que son comportement n'était pas une négligence, mais une réaction à des pressions sociales excessives. Selon elle, la société impose aujourd'hui une disponibilité permanente, ce qui génère de l'anxiété chez beaucoup de personnes. La psychologue a donc conseillé à l'auteure de se montrer plus indulgente envers elle-même, en acceptant que répondre à un message ne soit pas une obligation absolue. Cette approche vise à briser le cycle de la culpabilité et à restaurer un équilibre dans ses relations.

Ce que ça pourrait changer

L'article est tiré du magazine allemand *Süddeutsche Zeitung Magazin*, un supplément hebdomadaire du quotidien *Süddeutsche Zeitung*, l'un des journaux les plus influents d'Allemagne. Fondé en 1990, ce magazine traite de sujets sociétaux, culturels et psychologiques à travers des reportages et des chroniques. Le *ghosting* y est abordé comme un phénomène lié aux mutations des relations sociales à l'ère numérique, où les attentes de communication instantanée sont devenues la norme. L'article reflète ainsi une préoccupation croissante en Allemagne, mais aussi dans d'autres pays occidentaux, concernant l'impact des technologies sur le bien-être mental.

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