Avant de vous piquer, le moustique… butine : des chercheurs découvrent ce qui l'attire vers les fleurs
Chez le moustique Aedes aegypti, un récepteur olfactif sensible au camphre, Or117, guiderait les jeunes femelles vers le nectar. Son déclin avec l'âge et l'accouplement accompagnerait leur bascule vers le sang..
Les chercheurs ont étudié le comportement du moustique Aedes aegypti, une espèce bien connue pour transmettre des maladies comme la dengue ou la fièvre jaune. Contrairement à l'image classique du moustique qui pique pour se nourrir de sang, les scientifiques ont découvert que les jeunes femelles de cette espèce se nourrissent aussi de nectar, comme le font les abeilles. Ce comportement, appelé butinage, consiste à chercher des fleurs pour y prélever du nectar, une substance sucrée. Les chercheurs ont identifié un récepteur olfactif spécifique, nommé Or117, qui joue un rôle clé dans cette attraction vers les fleurs. Ce récepteur est particulièrement sensible à une molécule appelée camphre, présente dans de nombreuses plantes.
Le récepteur olfactif Or117 est une protéine située dans les antennes du moustique, qui lui permet de détecter des odeurs dans son environnement. Dans le cas d’Aedes aegypti, Or117 est particulièrement sensible au camphre, une molécule organique aux propriétés aromatiques, souvent utilisée dans les parfums ou les produits pharmaceutiques. Les chercheurs ont observé que ce récepteur est très actif chez les jeunes femelles, ce qui les guide vers les fleurs pour se nourrir de nectar. Cette découverte suggère que les moustiques, comme d’autres insectes, utilisent leurs récepteurs olfactifs pour localiser des sources de nourriture, qu’il s’agisse de fleurs ou de proies.
Les scientifiques ont remarqué que l’activité du récepteur Or117 diminue avec l’âge des femelles et après leur accouplement. Ce déclin s’accompagne d’un changement de comportement alimentaire : les femelles passent progressivement du nectar au sang, qui est essentiel pour la production d’œufs. Ce mécanisme pourrait expliquer pourquoi les moustiques femelles, après avoir butiné, se tournent vers les humains ou les animaux pour se nourrir. Cette transition est cruciale pour la reproduction de l’espèce, car le sang fournit les protéines nécessaires au développement des œufs.
Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour comprendre le comportement des moustiques et, potentiellement, pour développer des stratégies de lutte contre les maladies qu’ils transmettent. En ciblant le récepteur Or117 ou les molécules qu’il détecte, comme le camphre, il pourrait être possible de perturber le comportement des moustiques et de réduire leur attraction vers les humains. Les chercheurs soulignent l’importance de ces travaux pour la santé publique, notamment dans les régions où *Aedes aegypti* est présent et où les maladies vectorielles représentent un enjeu majeur.

