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Retraite anticipée à la fonction publique : dernière journée pour faire sa demande

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 13 j

Plus de 9100 fonctionnaires fédéraux ont soumis une demande jusqu'ici..

Programme de retraite anticipée

Le gouvernement fédéral canadien propose un programme d’incitation à la retraite anticipée pour ses fonctionnaires. Ce programme s’adresse à 68 000 employés éligibles, déterminés en fonction de leur âge et de leurs années de service. Contrairement à une retraite anticipée classique, ce dispositif évite une réduction permanente des prestations de retraite. La date limite pour soumettre une demande est fixée au vendredi 24 juillet 2026. À cette date, plus de 9 100 employés ont déjà manifesté leur intention de participer, mais le nombre définitif de demandes ne sera connu que la semaine suivante. Ce programme s’inscrit dans un objectif plus large de réduction de 4,5 % des effectifs de la fonction publique fédérale, soit 16 000 emplois supprimés en trois ans, comme prévu dans le budget 2025.

Enjeux personnels des fonctionnaires

Pour les fonctionnaires concernés, la décision de prendre une retraite anticipée est complexe et soulève des questions tant professionnelles que personnelles. Jason King, analyste principal à l’Agence de la santé publique du Canada, illustre ces dilemmes : après 23 ans de carrière, il hésite entre quitter son poste ou rester, en raison de son attachement à son travail et de l’impact des réductions d’effectifs sur son moral. Beth Newcombe, employée à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, a choisi de partir plus tôt que prévu, à 53 ans au lieu de 55 ans, estimant que ses années de service et sa situation financière le permettaient. Cependant, elle reconnaît que cette option n’est pas accessible à tous, notamment pour ceux ayant des enfants à charge ou des dettes importantes. Ces témoignages montrent que la retraite anticipée dépend autant de critères objectifs que de la situation individuelle de chaque employé.

Avantages et projets futurs

Scott Wilson, fonctionnaire à Environnement et Changement climatique Canada, a accepté le programme de retraite anticipée et quittera son poste en décembre 2026 après 24 ans de service. Il évoque avec nostalgie la diversité et les défis de son travail, mais se réjouit de pouvoir désormais choisir ses activités, comme le bénévolat ou des projets personnels. Il prévoit notamment de transmettre son savoir aux nouvelles générations de fonctionnaires. Ce choix reflète une volonté de concilier fin de carrière et liberté, tout en valorisant l’expérience accumulée. Pour d’autres, comme Wilson, la retraite anticipée représente une opportunité de redonner du sens à leur temps libre, plutôt qu’une simple cessation d’activité professionnelle.

Risques et critiques du programme

L’Institut des finances publiques et de la démocratie (IFPD) met en garde contre les conséquences potentielles du programme de retraite anticipée. Sahir Khan, vice-président de l’IFPD, souligne que les employés admissibles détiennent souvent un savoir-faire crucial pour le gouvernement, notamment dans des domaines comme les marchés publics de défense, les tensions commerciales avec les États-Unis ou les projets d’intelligence artificielle. Leur départ pourrait nuire à la capacité du gouvernement à atteindre ses objectifs stratégiques. De plus, l’IFPD craint que les économies escomptées ne soient pas réalisées, ce qui pourrait entraîner de nouvelles vagues de compressions moins avantageuses pour les employés restants. Le gouvernement, de son côté, affirme gérer les réductions d’effectifs avec équité et compassion, en privilégiant les départs volontaires.

Ce que ça pourrait changer

Deux grandes organisations syndicales, l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) et l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), ont déposé une plainte auprès du tribunal fédéral des relations de travail contre le programme de retraite anticipée. Elles contestent notamment son équité et son impact sur les services publics. Le Secrétariat du Conseil du Trésor, qui supervise la fonction publique, a indiqué que les demandes étaient examinées pour s’assurer que les ministères pouvaient maintenir leurs services essentiels. Au 21 juillet 2026, sur 6 581 demandes reçues, 25 avaient été rejetées. Le gouvernement mise sur une gestion progressive des réductions, en évitant les licenciements secs et en favorisant les départs naturels ou volontaires, comme le prévoit le budget 2025.

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