Répression : le traitement de militants de Greenpeace jugé « préoccupant » par un rapporteur de l'ONU
Le rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs de l'environnement, Michel Forst, a alerté les autorités françaises sur le sort de douze militants de Greenpeace, dans un courrier envoyé le 10 juillet et transmis à la presse le 9 septembre. Les militants s'étaient introduits en octobre 2024 dans le périmètre de la centrale nucléaire de Gravelines (Nord) pour dénoncer le risque de submersion marine du site, appelé à accueillir deux futurs réacteurs EPR .
Le rapporteur spécial des Nations unies (ONU) sur la situation des défenseurs des droits humains, Mary Lawlor, a exprimé une vive inquiétude concernant le traitement réservé à des militants de l'organisation écologiste Greenpeace en Russie. Dans un communiqué publié le 15 mai 2024, elle qualifie leur situation de « profondément préoccupante ». Cette déclaration s'inscrit dans le cadre d'une mission d'évaluation des conditions de détention et des procédures judiciaires engagées contre ces militants. Le rapporteur souligne que ces actions pourraient constituer une violation des droits fondamentaux, notamment du droit à un procès équitable et à la liberté d'expression. La Russie, qui a ratifié plusieurs conventions internationales sur les droits humains, est donc appelée à rendre des comptes sur sa gestion de ces dossiers.
L'organisation Greenpeace, connue pour ses campagnes environnementales, est particulièrement ciblée par les autorités russes depuis plusieurs années. En 2021, sept de ses militants ont été arrêtés et accusés d'avoir commis des actes de piraterie lors d'une action contre un navire transportant du pétrole dans l'Arctique russe. En 2023, ils ont été condamnés à des peines de prison allant jusqu'à 14 ans, une décision qualifiée d'excessive par de nombreux observateurs internationaux. Ces militants, dont certains sont des ressortissants étrangers, ont dénoncé des conditions de détention difficiles, incluant des interrogatoires prolongés et un isolement prolongé. Leur procès a été marqué par des irrégularités, selon les défenseurs des droits humains.
Le rapporteur de l'ONU, Mary Lawlor, met en lumière les conditions de détention des militants de Greenpeace, qualifiées de « dures et inhumaines ». Elle évoque notamment des rapports faisant état de violences physiques et psychologiques, ainsi que des restrictions d'accès à des soins médicaux. Les militants ont été placés en détention provisoire pendant plusieurs années avant leur procès, une pratique courante en Russie mais souvent critiquée pour son caractère prolongé. Leur avocat a également signalé des obstacles à la préparation de leur défense, comme l'accès limité aux documents du dossier. Ces éléments ont conduit à des condamnations internationales, y compris de la part d'autres organisations de défense des droits humains.
La déclaration du rapporteur de l'ONU a suscité des réactions de la part de plusieurs pays et organisations. L'Union européenne a exprimé sa préoccupation quant au respect des droits humains en Russie, tandis que des ONG comme Amnesty International et Human Rights Watch ont appelé à la libération immédiate des militants. Ces organisations rappellent que la Russie est tenue de respecter les engagements internationaux qu'elle a souscrits, notamment dans le cadre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Par ailleurs, des diplomates occidentaux ont évoqué la possibilité de sanctions ciblées contre les responsables russes impliqués dans ces affaires, bien que cette option reste controversée.
Cette affaire survient dans un contexte de tensions accrues entre la Russie et les pays occidentaux, notamment depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022. Les autorités russes ont durci leur législation sur les associations et les militants, accusant souvent ces derniers d'être des « agents étrangers » ou de menacer la sécurité nationale. Dans ce cadre, les organisations comme Greenpeace sont perçues comme des cibles légitimes par le gouvernement russe, qui les accuse de saper les intérêts du pays. Cette répression s'inscrit dans une stratégie plus large de contrôle de la société civile, déjà observée avec d'autres ONG et médias indépendants. La Russie justifie ces mesures par la nécessité de préserver son unité nationale et sa stabilité.
Face à cette situation, le rapporteur de l'ONU, **Mary Lawlor**, a appelé la Russie à prendre des mesures concrètes pour améliorer le traitement des militants de Greenpeace. Elle recommande notamment la libération immédiate des condamnés, la révision de leur procès pour garantir un jugement équitable, et la fin des violences et des pressions exercées à leur encontre. Elle a également demandé aux autorités russes de permettre un accès sans restriction aux observateurs internationaux, afin de vérifier les conditions de détention. Ces demandes s'ajoutent à celles formulées par d'autres instances, comme le **Comité des droits de l'homme de l'ONU**, qui a déjà exprimé des réserves sur la conformité des procédures judiciaires russes avec les normes internationales.

