En Russie, début de législatives sans surprise mais “d’une importance capitale pour le Kremlin”
Le scrutin s’est ouvert vendredi et se poursuivra jusqu’à dimanche pour renouveler les 450 sièges de la Douma. Il s’agit des premières législatives en Russie depuis le début de la guerre en Ukraine..
Les élections législatives russes ont commencé le vendredi 18 septembre 2026 et se poursuivront jusqu’au dimanche 20 septembre. Ces élections visent à renouveler les 450 sièges de la Douma d’État, la chambre basse du Parlement russe. Il s’agit des premières législatives organisées en Russie depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, qui a débuté il y a plus de quatre ans. Ces élections sont donc un événement politique majeur dans un contexte de guerre prolongée et de tensions internationales accrues.
Ces élections interviennent alors que la popularité du président russe Vladimir Poutine est en baisse, que les pertes humaines sur le front ukrainien continuent d’augmenter et que les avancées territoriales russes restent limitées. Le parti au pouvoir, Russie unie, dirigé par Poutine, devrait conserver sa majorité à la Douma malgré ce contexte difficile. Le système électoral russe est décrit comme étant étroitement contrôlé, limitant les possibilités de surprise ou de changement politique majeur.
Les résultats de ces élections sont considérés comme prévisibles par plusieurs médias internationaux. Le New York Times souligne que les électeurs russes n’ont guère de raisons de s’intéresser à ce scrutin, organisé en pleine guerre. Le Kremlin a en effet mis en place des mécanismes pour rendre ces élections peu compétitives : le seul parti explicitement anti-guerre, Iabloko, a été exclu du processus électoral en août 2026 par décision de justice. Les observateurs notent que le scrutin a été conçu pour être « soporifique », même selon les standards russes.
Le parti Iabloko, qui est le seul parti russe à s’opposer ouvertement à la guerre en Ukraine, a été empêché de participer aux élections législatives d September 2026. Cette exclusion a été justifiée par des décisions judiciaires, privant les électeurs d’une option politique claire pour exprimer leur opposition à la guerre. Cette mesure illustre la restriction progressive de l’espace politique en Russie, où les partis et les candidats critiques envers le gouvernement rencontrent des obstacles croissants.
La Deutsche Welle décrit un climat d’inquiétude et de lassitude parmi la population russe, alimenté par plusieurs facteurs. Les pénuries de carburant, les frappes de drones en territoire russe et les rumeurs persistantes d’une nouvelle mobilisation militaire massive pèsent sur le moral des citoyens. Ces tensions sont aggravées par les dépenses colossales consacrées à la guerre, qui mettent à rude épreuve l’économie du pays. Les frappes ukrainiennes sur les raffineries de pétrole russes ont notamment provoqué des files d’attente de plusieurs heures pour s’approvisionner en essence.
Les pertes militaires russes s’élèvent à environ 30 000 soldats par mois, un rythme qui épuise les effectifs de l’armée. Malgré des recrutements réguliers, ces pertes ne sont pas compensées, ce qui crée une pression croissante pour une nouvelle mobilisation après les élections. John Lough, expert en politique étrangère, estime que l’armée russe ne peut maintenir ses effectifs actuels sans recourir à des mesures exceptionnelles, comme une mobilisation massive. Cette situation pourrait conduire à des décisions politiques difficiles pour le Kremlin dans les mois à venir.
Malgré l’absence de surprise électorale, ces législatives revêtent une importance capitale pour le Kremlin. L’objectif principal est de légitimer les politiques du gouvernement, notamment la guerre en Ukraine, en présentant une image de soutien populaire. La *BBC* souligne que ces élections servent à affirmer que la majorité des Russes soutiennent Vladimir Poutine et la guerre, même si les conditions de vie se dégradent. Le Kremlin utilise donc ce scrutin comme un outil de communication politique, malgré les critiques internes et externes.

