Un mois après la catastrophe, la détresse est toujours « immense » au Népal
Affaires mondiales Canada est toujours sans nouvelles des 29 Canadiens et résidents permanents disparus..
Le 26 août 2026, une coulée de boue catastrophique a ravagé la vallée de Nuwakot, à la frontière entre le Népal et la région autonome du Tibet. Selon Som Paneru, directeur de Nepal Youth Foundation, ce désastre est sans équivalent dans l’histoire locale. Il dépasse même le tremblement de terre de 2015, qui avait causé près de 9 000 morts sur une zone bien plus étendue. La vague de boue, d’une vitesse foudroyante, a balayé la vallée en quelques instants, ensevelissant des bâtiments de quatre étages sous des tonnes de terre. Les survivants n’ont souvent pas eu le temps de fuir. Les conséquences sont dramatiques : 1 400 décès sont confirmés, tandis que 5 700 personnes restent portées disparues. Parmi elles, 29 Canadiens ou résidents permanents canadiens n’ont toujours pas donné de nouvelles, selon Affaires mondiales Canada.
Près de 90 000 personnes sont directement affectées par cette catastrophe, selon plusieurs organisations humanitaires. Beaucoup ont perdu leur logement, des membres de leur famille, ou les deux simultanément. Plus de 600 enfants sont devenus orphelins. Les survivants, souvent sans abri ni ressources, sont plongés dans un désespoir profond. L’urgence immédiate consiste à leur fournir une aide humanitaire de base : nourriture, médicaments, tentes, trousses de cuisine et produits d’hygiène. Les infrastructures détruites (routes, ponts) compliquent considérablement ces opérations. Par exemple, il faut parfois acheminer des secours par voie aérienne, car les voies terrestres sont impraticables. La Croix-Rouge canadienne a envoyé 18 000 articles de secours, dont des lampes solaires et des équipements de cuisine, pour soutenir les efforts locaux.
La destruction des infrastructures pose un défi colossal aux équipes humanitaires. Les routes et les ponts, emportés par la coulée de boue, bloquent l’accès aux villages isolés. Les soldats de l’armée népalaise utilisent même des explosifs pour rouvrir certaines voies, comme à Betrawati dans le district de Nuwakot. Sans accès terrestre, les secours doivent parfois recourir à des hélicoptères pour distribuer des vivres. Autre problème : l’approvisionnement en eau potable et en électricité est fortement perturbé. Les barrages électriques endommagés privent des milliers de personnes d’électricité, ce qui complique la conservation des aliments et l’accès aux soins. Malgré ces obstacles, des solutions temporaires émergent, comme un pont suspendu installé par la Croix-Rouge népalaise pour relier l’hôpital de Nuwakot à la région.
Un mois après la catastrophe, les survivants commencent à retourner dans les vallées dévastées, où ils découvrent l’ampleur des dégâts. Leurs maisons sont soit détruites, soit remplies de boue et inhabitables. Certains retrouvent même les corps de leurs proches ensevelis sous les décombres, ce qui aggrave leur détresse psychologique. Les enfants, souvent très affectés, souffrent de cauchemars et de traumatismes profonds. Environ 17 000 enfants ont été privés d’école, et les enseignants, eux-mêmes traumatisés, peinent à reprendre leurs cours. Des organisations comme Nepal Youth Foundation interviennent pour aider ces enseignants à se reconstruire émotionnellement. Par ailleurs, faute de corps à enterrer, certaines familles brûlent des effigies de leurs proches disparus, comme celles de Bijay Pradhan, 20 ans, et de son frère Bikash Pradhan, 30 ans.
Une étude publiée le 17 septembre 2026 par la World Weather Attribution, une organisation de climatologues, attribue en partie la catastrophe au changement climatique d’origine humaine. Les chercheurs soulignent que des températures records et des chutes de neige inhabituelles en 2025 ont fragilisé les montagnes himalayennes. La fonte des neiges et l’effondrement d’un pan de montagne et d’un glacier ont déclenché la coulée de boue dévastatrice. Le gouvernement népalais a officiellement demandé des compensations via le Fonds pour les pertes et préjudices, créé lors de la COP 28. Ce fonds vise à aider les pays vulnérables, comme le Népal, à faire face aux conséquences du dérèglement climatique. Le pays, bien que peu responsable des émissions mondiales de gaz à effet de serre, subit des impacts humains et économiques majeurs en raison de sa géographie montagneuse et de la fragilité croissante de l’Himalaya.
Le Canada joue un rôle actif dans l’aide humanitaire au Népal. Affaires mondiales Canada a débloqué 5 millions de dollars pour soutenir les opérations de secours. Le gouvernement collabore étroitement avec les autorités népalaises et chinoises pour localiser les disparus canadiens et soutenir les familles touchées. Des experts de la *GRC (Gendarmerie royale du Canada)* en identification des victimes de catastrophes sont présents sur place pour assister les autorités locales. Par ailleurs, le ministère fédéral continue de mobiliser des fonds via des mécanismes internationaux, comme les fonds communs de donateurs activés après la catastrophe. Malgré cette mobilisation, les besoins restent immenses, et l’attention médiatique diminue, alors que les souffrances des populations persistent.

