Matières premières stratégiques : l’UE choisit 6 nouveaux projets en France, les voici
Les lieux mentionnés concernent des mines ainsi que des centres de valorisation et de recyclage des matières premières stratégiques. Sur place, des facilités administratives doivent permettre d’accélérer la mise en place des projets.
L’Union européenne (UE) a sélectionné 46 nouveaux projets dans 16 pays, dont 6 en France, pour sécuriser son approvisionnement en matières premières stratégiques. Ces projets visent à réduire la dépendance de l’Europe envers la Chine, qui fournit actuellement plus de 65 % de ces ressources. Parmi les 17 matières concernées, on trouve le lithium, le nickel, le cobalt, le manganèse, le graphite et les terres rares. L’objectif est de couvrir 10 % des besoins européens d’ici 2030 pour l’extraction, 40 % pour la transformation et 25 % pour le recyclage. La Commission européenne accélère les démarches administratives pour concrétiser ces projets, avec 25 études d’impact environnemental déjà finalisées et 17 permis de construire obtenus. Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission chargé de l’industrie, a souligné que la survie des industries européennes dépend de ses propres capacités industrielles.
En France, six projets ont été retenus pour couvrir différentes étapes de la chaîne de valeur des matières premières stratégiques. À Lacq (Pyrénées-Atlantiques), l’entreprise Carester développera une usine dédiée à la séparation des terres rares lourdes et au recyclage des aimants permanents, essentiels pour les technologies modernes. À Grenoble (Isère), MagREEsource construira une usine de recyclage et de fabrication d’aimants permanents. La Rochelle (Charente-Maritime) accueillera un projet de Solvay pour moderniser et étendre un site de raffinage et de production d’oxydes de terres rares, comme le néodyme, le praséodyme, le samarium et l’yttrium. Enfin, à Lauterbourg (Bas-Rhin) et à Echassières (Allier), les projets portés par Viridian Lithium et Imerys se concentreront sur l’extraction et le raffinage de lithium, sous forme d’hydroxyde de lithium ou de lithium bas carbone. Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie européenne plus large pour diversifier les sources d’approvisionnement.
Les terres rares sont un ensemble de 17 métaux aux propriétés magnétiques et chimiques uniques, indispensables pour les technologies high-tech comme les smartphones, les éoliennes ou les batteries. Elles sont classées en deux catégories : les terres rares légères (comme le cérium ou le lanthane) et les terres rares lourdes (comme le terbium ou le dysprosium), plus rares et stratégiques. Le lithium, quant à lui, est un métal léger essentiel pour les batteries des véhicules électriques et les systèmes de stockage d’énergie. Les projets français ciblent notamment le recyclage de ces ressources, une solution clé pour réduire la dépendance aux importations. Par exemple, le site de La Rochelle produira des oxydes de terres rares, tandis que ceux de Lauterbourg et Echassières extrairont du lithium pour répondre aux besoins croissants de l’industrie automobile et énergétique.
L’UE a fixé des objectifs ambitieux pour 2030 : couvrir 10 % des besoins en extraction, 40 % en transformation et 25 % en recyclage des matières premières stratégiques. Ces cibles s’inscrivent dans un calendrier précis pour réduire la dépendance à la Chine, qui domine actuellement le marché. D’ici 2030, l’Europe souhaite limiter la part chinoise à 65 % de sa dépendance totale. Pour y parvenir, la Commission européenne a lancé un nouvel appel à projets d’ici la fin 2026, après avoir déjà sélectionné 93 projets au total (46 nouveaux et 47 précédents). Parmi les premiers projets retenus, 25 ont terminé leurs études d’impact environnemental et 17 ont obtenu des permis de construire grâce à une procédure accélérée. Ces mesures visent à accélérer la mise en œuvre des projets tout en respectant les normes environnementales.
La stratégie européenne s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques et de restrictions commerciales imposées par la Chine, premier producteur mondial de terres rares et de lithium. En se tournant vers des partenariats comme celui avec les États-Unis, l’UE cherche à sécuriser ses approvisionnements et à développer une industrie locale. Les projets français, répartis dans plusieurs régions, illustrent cette volonté d’autonomie industrielle. Par exemple, l’extraction de lithium à Echassières ou le recyclage d’aimants permanents à Grenoble réduisent la dépendance aux importations. Cette approche s’accompagne d’investissements massifs et de simplifications administratives pour accélérer les projets, comme le souligne Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission européenne.

