Le rachat de Warner par Paramount repoussé à 2027
On pensait que l’affaire était dans le sac pour Paramount Skydance, après le feu vert des autorités américaines de la concurrence, suivi par l’aval de la Commission européenne la semaine dernière. Et bien non : l’opération d’acquisition du groupe Warner Bros.
En février 2024, le projet d'acquisition de Warner Bros. Discovery par Netflix a été abandonné, laissant le champ libre à Paramount Skydance pour racheter le groupe pour 111 milliards de dollars. Ce montant représente une somme colossale, équivalente à environ 111 000 millions d'euros, pour un des plus grands studios de cinéma et de télévision au monde. À cette époque, le processus semblait se dérouler sans obstacle majeur, avec des approbations anticipées des autorités de la concurrence aux États-Unis et en Europe. Le ministère de la Justice américain a donné son feu vert dès le 12 juin 2024, estimant que l'opération ne risquait pas de nuire à la concurrence ou aux consommateurs. Peu après, le 22 juillet 2024, la Commission européenne a également validé l'opération, sous réserve de certaines conditions imposées à Paramount Skydance pour limiter les risques de monopole sur le marché européen.
Malgré ces approbations, une coalition de douze États américains, dirigée par la Californie, a bloqué temporairement la fusion en obtenant une ordonnance de 28 jours. Ces États craignent que l'opération ne réduise la concurrence sur les marchés du cinéma et de la télévision par câble. En réponse, Paramount Skydance a accepté de reporter la finalisation de la fusion, initialement prévue pour le 30 septembre 2024, à une date ultérieure. Le groupe a pris l'engagement de ne pas finaliser l'opération avant cinq jours après un procès ou avant le 1er juin 2027, selon la première échéance atteinte. Ce report entraîne un coût supplémentaire estimé à 7 millions de dollars par jour pour Paramount, qui devra verser cette somme aux actionnaires de Warner Bros. Discovery en attendant la finalisation du rachat.
Paramount Skydance présente ce report comme une « victoire importante », car il lui permet d'obtenir un procès où elle pourra défendre sa position face aux accusations de réduction de concurrence. Selon un porte-parole du groupe, ce procès est considéré comme le moyen le plus rapide et le plus clair pour démontrer que l'opération est bénéfique pour la concurrence, les consommateurs et les créateurs. Paramount affirme que les arguments des plaignants, basés sur des définitions de marché jugées obsolètes, ne résisteront pas à l'examen judiciaire. Le groupe espère ainsi lever les dernières barrières réglementaires et finaliser le rachat dans les délais prévus, tout en minimisant les coûts liés au report.
Pour obtenir l'aval de la Commission européenne, Paramount Skydance a dû s'engager à respecter plusieurs conditions strictes. Parmi celles-ci, la fin de la coentreprise *United International Pictures* en Europe, une interdiction de conclure des accords de distribution de films avec Universal pendant dix ans sur le continent, et l'engagement de ne pas confier la distribution en salles des films Warner à son propre distributeur. Ces mesures visent à éviter la création d'un monopole ou d'une position dominante sur le marché européen, où la concurrence doit rester équitable. Ces engagements montrent l'importance accordée par les régulateurs à la préservation d'un marché diversifié et concurrentiel.

