Ce Français a résolu le plus gros problème des clims mobiles
Un Français a imaginé un kit imprimé en 3D pour corriger l’un des principaux défauts des climatiseurs mobiles. Interrogé par Numerama, il raconte un succès qu’il peine désormais à suivre..
Les vagues de chaleur intenses et rapprochées en France ont poussé de nombreux habitants à se tourner vers les climatiseurs mobiles pour rafraîchir leur intérieur. Ces appareils, plus faciles à installer que les climatiseurs fixes, ont rapidement été en rupture de stock dans les magasins, malgré les efforts des fournisseurs pour accélérer les livraisons. En 2026, la demande pour ces solutions de refroidissement a été si forte que les rayons ont été dévalisés en quelques jours, illustrant une crise d'approvisionnement liée à la canicule. Les climatiseurs mobiles, bien que pratiques, présentent un défaut de conception majeur qui limite leur efficacité, un problème que la solution d'Arthur Prince cherche à résoudre.
Un climatiseur mobile ne produit pas directement du froid : il capte la chaleur présente dans une pièce et la rejette à l'extérieur via un tuyau d'évacuation. Cependant, pour refroidir son condenseur (la partie qui transforme la chaleur en air chaud), il aspire aussi une partie de l'air déjà refroidi dans la pièce. Cet air est ensuite réchauffé et expulsé, ce qui crée une dépression dans la pièce. Cette dépression attire de l'air extérieur chaud par les portes, fenêtres ou interstices, annulant partiellement l'effet de refroidissement. Ce mécanisme explique pourquoi les climatiseurs mobiles consomment beaucoup d'électricité pour des résultats souvent décevants, surtout lors de températures extérieures élevées.
Arthur Prince, connu sous le pseudonyme @Amir_Intel sur X, a conçu un kit appelé Laminakit pour corriger ce défaut. Ce dispositif imprimé en 3D ajoute un second tuyau au climatiseur mobile, permettant de séparer les circuits d'air. Au lieu d'aspirer l'air refroidi de la pièce, le climatiseur aspire directement de l'air extérieur par ce nouveau tuyau, puis rejette l'air chaud par la gaine d'origine. Cette innovation transforme, dans une certaine mesure, une clim mobile classique en un modèle à double tuyau, une architecture plus efficace mais encore rare en France. Le kit se vend 27 € hors frais d'envoi et permet une meilleure diffusion du froid dans toute la pièce.
Arthur Prince a commencé par bricoler une solution personnelle avant de développer un produit commercialisable. Le passage du prototype à un kit prêt à l'emploi a nécessité plusieurs ajustements pour éviter les ratés de production en impression 3D. Depuis son lancement, le Laminakit connaît un succès inattendu : Arthur a vendu une cinquantaine de kits en quelques jours, mais doit limiter les commandes en raison de difficultés à suivre la demande. Il travaille actuellement en flux tendu, imprimant les pièces à la demande et préparant lui-même les colis. Pour faire face à l'afflux de commandes, il envisage de passer par Amazon. Malgré ce succès, il reçoit des critiques de la communauté de l'impression 3D, qui lui reproche de ne pas partager gratuitement les fichiers de fabrication.
Le Laminakit actuel ne fonctionne qu'avec les climatiseurs dont l'entrée d'air arrière est plate. Un second modèle, en cours de développement, vise à couvrir les appareils dont l'entrée d'air est en angle, une configuration plus complexe à adapter. Arthur Prince espère ainsi proposer au moins deux adaptateurs différents pour couvrir davantage de modèles de climatiseurs mobiles. Cependant, son invention ne transforme pas une clim mobile en un système split (climatiseur fixe performant), mais corrige simplement l'un de ses principaux défauts. Le kit reste une solution économique pour améliorer l'efficacité des clims mobiles existantes.
Arthur Prince assume son choix de commercialiser le Laminakit plutôt que de partager gratuitement les fichiers d'impression 3D. Il reconnaît l'importance de l'*open source* dans le développement de son projet, mais souligne que la vente du produit fini permet de toucher un public plus large, y compris ceux qui ne possèdent pas d'imprimante 3D. Il défend aussi l'idée qu'un modèle économique peut émerger autour de cette innovation, tout en reconnaissant que certains pourraient en vivre. Ce positionnement a suscité des critiques, mais Arthur maintient sa stratégie, estimant que la protection de son invention est légitime.

