We saw « GTAVI » running at Rockstar North: our exclusive preview and interview
This summer, TROISCOULEURS was the only French-language media outlet granted access to the place where the most eagerly anticipated video game of the decade is being developed. At Rockstar North in Scotland, “Grand Theft Auto VI” is in its final stages —the latest instalment in a highly cinematographic series that has become a cornerstone of contemporary pop culture.
L'article présente une visite exclusive des studios Rockstar North, situés à Édimbourg en Écosse, où est développé Grand Theft Auto VI (GTAVI), le prochain opus de la série culte Grand Theft Auto. Rockstar Games, l'éditeur, est connu pour son extrême secret autour de ses projets, notamment à quelques semaines de la sortie d'un jeu attendu qui influence bien au-delà du monde du jeu vidéo, touchant les domaines du cinéma, de la musique et des arts graphiques. La série GTA, créée il y a trente ans, suit les aventures de criminels dans des villes américaines fictives. Le précédent volet, GTAV (2013), s'est vendu à 230 millions d'exemplaires, devenant le deuxième jeu le plus vendu de l'histoire après Minecraft.
Rob Nelson, responsable du développement et co-directeur de Rockstar North, a accordé une interview exclusive. Il explique que la conception de GTAVI repose sur une démarche collective où l'équipe s'inspire d'images, de musiques ou de lieux réels pour construire l'univers du jeu. Par exemple, la chanson Love is a Long Road de Tom Petty a servi de fil conducteur pour le premier trailer. Nelson détaille également le processus de création : après avoir choisi un lieu (ici, la Floride et Miami), l'équipe visite ces endroits pour s'imprégner de leur ambiance, prendre des photos et identifier des éléments à intégrer. Le jeu est ensuite conçu comme une version déformée de la réalité, mêlant des lieux réels et des éléments fictifs.
Une innovation majeure de GTAVI est l'introduction d'un duo de protagonistes, Lucia et Jason, dont les aventures sont racontées à travers leurs yeux. C'est une première pour la série, qui avait jusqu'à présent privilégié des héros individuels ou des groupes de personnages. Cette approche vise à renforcer l'investissement émotionnel du joueur, notamment lors des moments calmes comme les scènes dans leur appartement, ou les actions comme les braquages où le sort de l'un des deux personnages peut inquiéter le joueur. Cette idée s'inspire de l'expérience réussie de Red Dead Redemption 2, où le personnage d'Arthur Morgan avait marqué les joueurs par sa profondeur narrative et ses choix moraux.
Le jeu mise sur une direction artistique et technique poussée, avec des performances d'acteurs en performance capture (technique permettant de capturer les mouvements et expressions des comédiens pour les transposer sur des personnages virtuels). Les séquences présentées lors de la visite montrent une maîtrise cinématographique des plans, des mouvements de caméra et des choix de musique, mêlant des influences disco (comme Cerrone) et des sonorités French Touch. L'univers est décrit comme cohérent et immersif, avec des transitions fluides entre les scènes d'action et les moments plus intimistes. Le jeu intègre également une satire acerbe des industries du divertissement et de l'information, une marque de fabrique de Rockstar.
La construction du monde de GTAVI suit une méthode précise. L'équipe commence par définir les zones géographiques à inclure (Everglades, Miami, villes environnantes) puis détermine quels types de personnages et d'environnements y seront associés. Les écrivains élaborent ensuite une trame narrative qui guide le joueur à travers ces lieux, avec des missions clés (tentpole missions) servant de points de passage obligés. Le jeu est divisé en chapitres, ce qui permet de structurer l'histoire et les déplacements du joueur. L'équipe s'interroge également sur la liberté laissée au joueur : peut-il s'écarter du scénario principal sans perdre en cohérence ? Cette approche en couches successives vise à équilibrer guidage et liberté.
L'article souligne que *GTAVI* pourrait devenir le meilleur film de l'année, non pas au sens traditionnel, mais comme une œuvre audiovisuelle immersive. La série *Grand Theft Auto* est déjà un phénomène culturel, avec une influence comparable à celle d'un film ou d'une série à succès. Les attentes sont donc immenses, d'autant que le jeu a été conçu pour offrir une expérience à la fois cinématographique et interactive. La visite des studios et la présentation des premières séquences visent à montrer que Rockstar a su évoluer tout en restant fidèle à son ADN, en intégrant des innovations narratives et techniques sans sacrifier la profondeur de son univers.

