Le Japon mobilise 1 800 personnes pour déplacer un donjon de 360 tonnes à l'aide de cordes et de rouleaux
Déplacer un bâtiment entier sans retirer la moindre poutre ressemble à une prouesse d’un autre temps. Au Japon, cette technique existe pourtant depuis des siècles.
Fin août, près de 1 800 volontaires japonais ont participé à une opération exceptionnelle : déplacer le château de Hirosaki, un bâtiment historique de 360 tonnes, sans en démonter la moindre structure. Cette méthode, appelée hiki-komi en japonais, consiste à soulever et à faire glisser un édifice entier à l’aide de cordes, de poulies et de rouleaux en bois. Le donjon, cœur symbolique du château, a ainsi été repositionné sur ses fondations restaurées après des travaux de consolidation. Cette technique, héritée des siècles passés, illustre l’ingéniosité des artisans japonais dans la préservation de leur patrimoine architectural. Le château de Hirosaki, situé dans la préfecture d’Aomori, est un exemple emblématique de l’architecture des châteaux japonais de la période Edo (1603–1868).
Les 1 800 participants, recrutés localement, ont joué un rôle central dans cette opération. Leur tâche consistait à tirer en synchronisation sur d’immenses cordes attachées au donjon, tandis que d’autres équipes manipulaient les rouleaux et les poulies pour faciliter le déplacement. Cette méthode, bien que traditionnelle, nécessite une coordination minutieuse pour éviter d’endommager l’édifice. Les volontaires ont travaillé sous la supervision d’experts en restauration de patrimoine, qui ont veillé au respect des techniques ancestrales tout en intégrant des outils modernes pour garantir la précision du mouvement. L’opération a duré plusieurs heures, démontrant l’efficacité d’une approche collective et méthodique pour préserver un monument historique.
Le déplacement du donjon était nécessaire en raison de travaux de restauration des fondations du château de Hirosaki. Ces travaux, entrepris pour consolider la structure et prévenir tout risque d’affaissement, ont révélé que les fondations d’origine n’étaient plus suffisamment stables pour supporter le poids du bâtiment. En repositionnant le donjon sur des fondations rénovées, les autorités locales et les experts en patrimoine visent à assurer la pérennité du château pour les générations futures. Cette opération s’inscrit dans une démarche plus large de préservation des sites historiques japonais, souvent menacés par les intempéries, les séismes ou le vieillissement des matériaux.
La méthode utilisée pour déplacer le donjon, appelée *hiki-komi*, est une technique traditionnelle japonaise datant de plusieurs siècles. Elle repose sur l’utilisation de rouleaux en bois, de cordes épaisses et de poulies pour soulever et faire glisser des structures lourdes sans les endommager. Contrairement aux méthodes modernes de démontage et de reconstruction, cette approche permet de conserver l’intégrité architecturale du bâtiment, y compris ses éléments décoratifs et ses matériaux d’origine. Bien que moins courante aujourd’hui, elle reste employée pour des projets de restauration spécifiques, notamment lorsque la préservation du patrimoine prime sur les contraintes de temps ou de coût. Cette technique témoigne de la maîtrise des artisans japonais dans la manipulation de structures complexes.

