La justice américaine poursuit Maduro et son épouse pour torture
L’ex-homme fort de Caracas et sa femme sont déjà poursuivis pour trafic de drogue et infractions liées aux armes à feu..
Nicolas Maduro, ancien président du Venezuela (2013-2026), et son épouse Cilia Flores, tous deux incarcérés à New York depuis janvier 2026, font face à de nouvelles accusations portées par la justice américaine. Initialement poursuivis pour trafic de drogue et infractions liées aux armes à feu, ils sont désormais aussi accusés de complot en vue de commettre des actes de torture contre des opposants politiques. Ces nouvelles charges ont été rendues publiques jeudi, confirmant des informations relayées la veille par plusieurs médias américains. L'acte d'accusation complété décrit un système de répression organisé pendant le mandat de Maduro, incluant des méthodes comme les électrocutions, les passages à tabac, les simulations de noyade ou l'isolement prolongé. Les procureurs américains affirment que Maduro et son épouse étaient au cœur de ce dispositif décisionnel.
L'acte d'accusation américain détaille plusieurs cas concrets de torture attribués à Maduro et son épouse. Par exemple, un officier militaire arrêté en 2013, suspecté de préparer un coup d'État, aurait été transféré aux services de renseignement militaire sur ordre de Maduro. Il aurait ensuite subi des passages à tabac et des décharges électriques répétées pendant sa détention. Le document évoque également l'usage de la torture lors de manifestations antigouvernementales en 2014, dans le but d'intimider les opposants. Deux ressortissants américains détenus au Venezuela ont aussi été mentionnés : l'un, arrêté en 2022, aurait subi des coups et des décharges aux organes génitaux, tandis qu'un autre, arrêté en 2025, aurait été battu pendant deux jours. Ces méthodes illustrent une stratégie systématique de répression violente contre toute opposition.
Les procureurs américains ont réagi avec fermeté à ces nouvelles accusations. Jamie McDonald, procureur fédéral de New York, a déclaré lors d'une conférence de presse : « Nous ne reculerons devant rien pour obtenir justice pour les victimes de crimes violents, en particulier les victimes américaines ayant subi des traitements épouvantables à l'étranger. » Todd Blanche, secrétaire de la Justice américain, a également réagi sur le réseau social X, soulignant la détermination de l'administration à poursuivre les auteurs de torture, de narcoterrorisme et de criminalité organisée. Ces déclarations reflètent une volonté de sanctionner sévèrement les actes commis sous le régime de Maduro, notamment ceux impliquant des citoyens américains.
Nicolas Maduro et Cilia Flores, incarcérés à Brooklyn depuis leur capture lors d'une opération militaire au Venezuela en janvier 2026, plaident non-coupable. Leur procès est prévu pour débuter le 1er juin 2027. Lors de sa première comparution, Maduro s'était présenté comme *« un prisonnier de guerre »* des États-Unis, contestant la légalité de l'acte d'accusation et invoquant son immunité en tant que chef d'État étranger. Cet argument a été rejeté par le parquet et n'a pas encore été examiné sur le fond. Cilia Flores, qui aura 70 ans le 15 octobre 2026, a demandé à être placée en résidence surveillée en attendant son procès en raison de problèmes cardiaques. Depuis la capture de Maduro, la présidente par intérim Delcy Rodriguez dirige le Venezuela sous la pression de Washington, qui affirme jouer un rôle clé dans la transition politique du pays pétrolier.

