Dix pour cent : Le film Netflix est-il à la hauteur de la série ?
Six ans après son final, la série Dix pour cent est de retour sous la forme d’un film, mis en ligne à compter du 10 septembre sur Netflix. On y retrouve toute la bande de l’agence ASK plongée dans de nouvelles péripéties rocambolesques.
Six ans après la fin de la série Dix pour cent, diffusée entre 2015 et 2020 sur France 2 puis Netflix, un film est enfin disponible depuis le 10 septembre 2026 sur la plateforme. La série, créée par Fanny Herrero et produite par Dominique Besnehard, suivait le quotidien des employés de l’agence ASK, spécialisée dans la gestion des carrières des acteurs et réalisateurs. Le film reprend l’univers et les personnages emblématiques, comme Andréa (Camille Cottin) et Noémie (Laure Calamy), dans de nouvelles aventures. La série avait remporté un International Emmy Award en 2021 pour sa comédie, et son succès avait inspiré des adaptations internationales, comme Call my agent : Bollywood en Inde.
Le film explore une dynamique différente entre les personnages, notamment entre Andréa, désormais réalisatrice en difficulté, et Noémie, productrice à succès. Leur collaboration, inspirée des buddy movies à la française, devient le cœur de l’intrigue. Le film aborde des thèmes comme l’engagement des artistes, l’éco-anxiété ou les défis des femmes réalisatrices, bien que moins explicitement que la série. Certains personnages secondaires, comme Hervé (Nicolas Maury), prennent plus d’importance, tandis que d’autres, comme Gabriel (Grégory Montel) ou Camille, sont moins développés. L’absence de Stefi Celma, qui incarnait Sofia dans la série, est également notable.
Comme dans la série, le film mise sur des cameos de célébrités jouant des versions exagérées d’elles-mêmes. On y retrouve Vincent Macaigne et Laetitia Casta en duo romantique, Laurent Lafitte, Eva Longoria et même George Clooney. Ces apparitions, typiques de l’esprit Dix pour cent, ajoutent une touche d’humour et d’autodérision. Le film conserve ainsi l’équilibre entre la vie des employés de l’agence et ces moments de rencontre avec le monde du cinéma, tout en renouvelant les invités.
Le film reprend les ingrédients du succès de la série : dialogues ciselés, mise en abyme (un film dans le film), et un hommage au cinéma et à ses paradoxes. La réalisation d’Emily Noblet marque une progression par rapport à la série. Cependant, le format long (environ deux heures) donne parfois l’impression d’un scénario étiré, avec des résolutions d’intrigues trop rapides. Le film aborde moins les questions féministes que la série, malgré des opportunités comme le parcours d’Andréa ou le traitement de Laetitia Casta. La fin, jugée précipitée, reflète peut-être l’absence de sortie en salles, contrairement à ce qui aurait pu être une apothéose pour un film sur le cinéma.
Si le film reste de qualité et fidèle à l’esprit de la série, il ne laisse pas un souvenir aussi marquant. Son format et sa diffusion sur Netflix, plutôt qu’en salles, le rendent plus éphémère. Le film donne surtout envie de revoir les quatre saisons de la série, perçue comme plus lumineuse et innovante. Malgré cela, il se place parmi les adaptations réussies de ce type d’exercice, aux côtés d’autres exemples comme *Sex and the City* ou *Kaamelott*. Son principal atout reste son côté *feel-good*, mais il peine à égaler l’impact culturel de la série originale.

