Mondiaux de cyclisme : Brandon McNulty devient champion du monde dans les rues de Montréal
Michael Matthews et Mathieu van der Poel complètent le podium..
Brandon McNulty, un coureur cycliste américain de 28 ans, a remporté le championnat du monde de cyclisme sur route à Montréal le 29 septembre 2024. Ce titre, qualifié de miracle par l'intéressé, marque un exploit historique : il devient le troisième Américain à remporter ce titre après Greg LeMond (1983 et 1989) et Lance Armstrong (1993, titre ensuite annulé pour dopage). McNulty, connu pour son rôle d'équipier discret et loyal dans l'équipe UAE, a surpris tous les observateurs en s'imposant avec une avance de 13 secondes sur les Australiens Michael Matthews et le Néerlandais Mathieu van der Poel. La course, d'une durée totale de 6 heures et 17 minutes, s'est déroulée sur un circuit urbain exigeant autour du mont Royal à Montréal.
La victoire de McNulty repose sur une stratégie audacieuse : une attaque solitaire lancée à 32 kilomètres de l'arrivée, après un énième regroupement du peloton. Cette manœuvre, inspirée par le style du double champion du monde Tadej Pogacar (blessé cette année), a permis à l'Américain de creuser un écart de plus d'une minute dans le dernier tour du circuit. Les favoris, dont le Français Paul Seixas, le Belge Remco Evenepoel et le Néerlandais Wout van Aert, n'ont pas réagi à temps, soit par calcul, soit par épuisement. Seixas, favori à 20 ans pour devenir le plus jeune champion du monde de l'histoire, a terminé à la 15e place avec des crampes, attribuant son échec à une mauvaise gestion de son hydratation et de sa nutrition.
La course s'est déroulée sur un parcours technique et exigeant, avec des montées répétées autour du mont Royal, un dénivelé de 2 300 mètres sur 270 kilomètres au total. McNulty, qui connaissait bien le circuit pour y avoir remporté le Grand Prix de Montréal en 2023 sous les couleurs de l'équipe UAE, a su exploiter cette connaissance. L'équipe des États-Unis, dont il fait partie, a joué un rôle clé en contrôlant la course avec plusieurs coureurs en tête, comme Quinn Simmons et Matteo Jorgenson. McNulty a décrit son effort final comme une lutte contre l'épuisement, notamment dans la dernière montée du mont Royal, où il a avoué être en train de mourir mais a continué à pousser pour franchir la ligne en vainqueur.
McNulty, visiblement ému et en larmes, a exprimé son incrédulité face à sa victoire, qualifiant l'événement de miracle et remerciant sa femme pour son soutien. Il a également souligné l'importance de l'équipe et de la préparation collective. Du côté des autres athlètes, les réactions ont été contrastées. Le Belge Remco Evenepoel, en lice pour un doublé chrono/course en ligne, a terminé 12e, reconnaissant une mauvaise journée. Le Mexicain Isaac del Toro, actif dans les attaques, a fini 5e. En revanche, le Canadien Guillaume Boivin a annoncé sa retraite sportive à 37 ans, mettant fin à une carrière marquée par des performances notables, dont une 35e place à Montréal.
Le classement final place McNulty en tête avec 6 heures 17 minutes de course, suivi de Matthews et van der Poel à 13 secondes. Les Canadiens Michael Leonard, Michael Woods et Nickolas Zukowsky ont terminé respectivement 32e, 35e et 45e. Les Québécois Hugo Houle, Guillaume Boivin et Pier-André Côté ont abandonné. Seixas, favori déçu, a exprimé sa déception, tout comme Evenepoel et van Aert, dont les performances en dessous des attentes ont marqué cette édition. McNulty, désormais porteur du *maillot arc-en-ciel* pour un an, incarne un exploit rare dans le cyclisme professionnel.

