Moins de locaux vides sur les artères commerciales du Québec
Le taux d’inoccupation global s’élève à 2,5% en 2026, contre 2,9% l’an dernier..
Le taux d’inoccupation des locaux commerciaux sur les artères du Québec a diminué, passant de 5,5 % en 2021 à 2,5 % en 2026. Cette baisse reflète une reprise progressive des activités commerciales après la pandémie. Le taux d’inoccupation mesure la proportion de locaux vides par rapport au total des locaux commerciaux. Par exemple, un taux de 2,5 % signifie que seulement 2,5 locaux sur 100 sont inoccupés. Cette amélioration est observée malgré un contexte économique difficile, ce qui suggère une résilience des commerces de proximité. L’étude annuelle de la firme Côté Mercier, spécialisée dans l’analyse des données immobilières, couvre 67 artères commerciales réparties dans 11 régions administratives du Québec.
Les résultats varient considérablement selon les régions. Certaines, comme Lanaudière (0,4 %), le Centre-du-Québec (0,5 %), la Montérégie (1,1 %) et la Mauricie (1,5 %), affichent des taux d’inoccupation très faibles, signe d’une forte vitalité commerciale. À l’inverse, l’Outaouais présente un taux de 6,2 %, avec une situation particulièrement préoccupante au centre-ville de Hull à Gatineau, où le taux d’inoccupation atteint 19,3 %. Ce chiffre est en hausse par rapport à 15,7 % l’année précédente. Le taux de vacance, qui inclut les locaux vides offerts ou non en location, atteint 24,8 % dans ce secteur. Ces écarts s’expliquent par des dynamiques locales spécifiques, comme la densité de population, l’offre commerciale et l’aménagement urbain.
À Montréal, le taux d’inoccupation est passé de 2,9 % à 2,4 % en un an, avec une baisse du taux de vacance de 7,3 % à 6,1 % entre 2025 et 2026. Cependant, cette moyenne masque des disparités importantes. Certaines artères, comme les rues Jean-Talon, Masson et Beaubien, sont presque entièrement occupées, tandis que d’autres, comme Sainte-Catherine Ouest et Est, peinent à se redresser. Sur Sainte-Catherine Ouest, entre Saint-Urbain et Atwater, 9,7 % des locaux sont vacants, et ce taux grimpe à 15 % sur Sainte-Catherine Est, entre Saint-Urbain et Cartier. Ces différences s’expliquent par des enjeux comme les travaux prolongés, l’augmentation de l’itinérance et les problèmes sociaux, qui affectent le sentiment de sécurité des clients.
L’étude souligne que certains bâtiments abandonnés ou condamnés, qualifiés de « verrues urbaines » par Christian-Pierre Côté, associé de la firme Côté Mercier, ne sont pas comptabilisés dans les taux d’inoccupation. Ces immeubles, souvent laissés à l’abandon avec des vitrines brisées ou des graffitis, contribuent à dégrader l’image des artères commerciales. Par ailleurs, un taux d’inoccupation trop faible peut aussi poser problème : il réduit les opportunités pour de nouveaux commerçants ou pour ceux qui souhaitent s’agrandir. Les municipalités disposent de leviers pour dynamiser leurs artères, comme adapter l’offre commerciale aux besoins de la clientèle ou améliorer l’aménagement urbain pour favoriser la sécurité et le confort des visiteurs.
Christian-Pierre Côté, associé de la firme Côté Mercier, joue un rôle clé dans l’analyse des données immobilières. Son entreprise publie chaque année une étude sur l’inoccupation et la vacance des locaux commerciaux au Québec. Les municipalités, quant à elles, disposent de moyens pour redynamiser leurs artères commerciales, comme adapter l’aménagement urbain ou encourager les commerces de proximité à mieux répondre aux besoins des clients. L’objectif est de créer des espaces attractifs, où les habitants se sentent en sécurité et où l’expérience d’achat est agréable. Cette approche nécessite une collaboration entre les acteurs publics, les commerçants et les résidents.

