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Généraliste

Des indépendantistes albertains se réunissent à Edmonton, à deux jours du référendum

Le Devoir · mis à jour il y a 18 j

Les derniers sondages donnent une large avance au camp fédéraliste..

Rassemblement indépendantiste

Samedi 17 octobre 2026, quelques milliers de personnes se sont réunies à Edmonton, en Alberta, pour un rassemblement organisé par le mouvement Let Alberta Decide, à 48 heures d’un référendum sur l’indépendance de la province. L’événement, initialement prévu à 15 heures, a été reporté à 16 heures en raison de vents violents soufflant entre 30 et 60 kilomètres par heure. Malgré ces conditions météo difficiles, des centaines de militants ont fait le déplacement depuis différentes régions de l’Alberta, certains transportés par une dizaine d’autobus affrétés pour l’occasion. Plusieurs participants arboraient des drapeaux de l’Alberta ou des drapeaux improvisés symbolisant une hypothétique république albertaine. L’organisation Let Alberta Decide est à l’origine de cette initiative, qui vise à mobiliser les citoyens en faveur de l’indépendance de la province.

Revendications des militants

Les raisons invoquées par les participants pour soutenir l’indépendance de l’Alberta sont variées. Certains, comme Roland d’Edmonton, défendent une indépendance totale, estimant qu’un État dirigé par des Albertains serait plus efficace. D’autres, comme Shawn venu de Fairview, voient ce référendum comme un moyen d’envoyer un message aux dirigeants fédéraux à Ottawa, sans nécessairement vouloir quitter le Canada. Un troisième groupe, représenté par Benoît Trudeau, un Québécois installé en Alberta depuis 20 ans, se définit comme souverainiste plutôt qu’indépendantiste. Il souligne que l’Alberta pourrait obtenir davantage d’autonomie au sein de la fédération, à l’image du Québec, qui perçoit ses propres impôts et dispose de son propre corps de police. Ces revendications reflètent une diversité d’opinions au sein du mouvement, ce qui selon Cory Morgan, une figure majeure du mouvement, pourrait nuire à la clarté de leur message.

Critiques envers Ottawa

Plusieurs participants reprochent au gouvernement fédéral, basé à Ottawa, de freiner le développement économique de l’Alberta. Carl, un militant venu de Red Deer, dénonce ce qu’il qualifie de tyrannie de l’Est, affirmant que l’Alberta ne reçoit pas les ressources nécessaires pour exploiter son potentiel économique. Adam Derge, un baladodiffuseur connu dans les milieux indépendantistes, a critiqué le mépris supposé des dirigeants fédéraux envers les Albertains, qu’il accuse de valoriser le travail et les ressources naturelles. Ces critiques s’inscrivent dans un contexte où l’Alberta, riche en ressources comme le pétrole et le gaz, estime que ses contributions financières au budget fédéral ne sont pas redistribuées équitablement.

Diversité des opinions

Le mouvement indépendantiste albertain rassemble des profils variés, reflétant des attentes parfois contradictoires. Certains, comme Roland, rêvent d’une indépendance totale, tandis que d’autres, comme Shawn, ne cherchent qu’à exprimer un mécontentement envers Ottawa. Benoît Trudeau, bien que souverainiste, ne souhaite pas la séparation du Canada mais plutôt une autonomie accrue. Cette diversité de positions crée des tensions au sein du mouvement. Cory Morgan, une figure historique de l’indépendantisme albertain, regrette l’absence d’une ligne directrice claire, ce qui selon lui pourrait décourager les électeurs de voter pour l’indépendance lors du référendum.

Attentes et résultats attendus

Les organisateurs du référendum, comme Cory Morgan, ne s’attendent pas à une victoire de l’option indépendantiste, mais espèrent obtenir entre 25 et 30 % des voix. Les derniers sondages, publiés avant le rassemblement, donnent 20 % pour l’indépendance et près de 70 % pour le maintien dans la fédération canadienne. Même si les chances de succès sont faibles, les indépendantistes considèrent ce vote comme un moyen d’envoyer un signal fort à Ottawa. Les résultats préliminaires de la question sur l’indépendance seront connus mardi matin, tandis que les réponses aux autres questions (comme l’immigration ou la constitution) pourraient prendre jusqu’à 48 heures. Élections Alberta, l’organisme responsable du scrutin, a précisé ces délais.

Ce que ça pourrait changer

L’Alberta est une province de l’Ouest canadien, frontalière avec la Colombie-Britannique à l’ouest, la Saskatchewan à l’est et les Territoires du Nord-Ouest au nord. Edmonton, où s’est tenu le rassemblement, en est la capitale. La province est économiquement puissante grâce à ses ressources naturelles, notamment le pétrole et le gaz, mais se sent souvent marginalisée par les décisions prises à Ottawa, la capitale fédérale située à l’est du pays. Le référendum organisé par *Let Alberta Decide* s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes entre l’Alberta et le gouvernement central, qui remontent à plusieurs décennies. La question de l’indépendance, bien que minoritaire, cristallise ces frustrations.

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